Sénégal : accord avec le FMI de 2,2 milliards de dollars et restructuration de la dette extérieure
Le Sénégal a conclu un accord technique avec le FMI pour un programme de financement triennal. Dakar exclut formellement sa dette en francs CFA du processus de traitement des créances.

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Le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord technique au niveau des services pour un programme de financement triennal d’un montant de 2,2 milliards de dollars. Ce mécanisme prévoit un traitement de la dette extérieure du pays sous l’égide du Cadre commun renforcé du G20, engageant Dakar dans une renégociation ciblée de ses engagements financiers internationaux.
Dans ce processus, le gouvernement sénégalais a fermement fixé une ligne rouge : l’exclusion formelle de sa dette libellée en francs CFA du périmètre de la restructuration. L’exécutif entend ainsi préserver la stabilité et l’équilibre du marché financier régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), où les investisseurs de la zone détiennent d’importants volumes de titres publics.
La distinction entre dette locale et dette extérieure se heurte néanmoins à la complexité des Total Return Swaps (TRS). Ces instruments financiers sophistiqués, bien qu’adossés à des obligations souveraines émises sur le marché intérieur, ont été directement contractés auprès de bailleurs de fonds et d’institutions internationales, rendant plus floue la frontière juridique de ces créances.
Les données publiées par le ministère sénégalais des Finances révèlent l’ampleur de ce recours à l’ingénierie financière. Au cours de l’année 2025, les autorités de Dakar ont ainsi mené sept opérations de type TRS, mobilisant une enveloppe globale de 721 milliards de francs CFA, soit l’équivalent d’environ 1,2 milliard de dollars.
L’obstacle juridique des créanciers privilégiés
Ces montages financiers impliquent notamment des contreparties de premier plan comme la First Abu Dhabi Bank et l’Africa Finance Corporation (AFC). L’intégration de cette dernière dans une restructuration commerciale pose une contrainte majeure, l’institution multilatérale bénéficiant du statut de créancier privilégié qui restreint son inclusion dans tout schéma de décote ou de rééchelonnement.



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