Sénégal: la société civile réagit au lendemain de l’accord avec le FMI
Au lendemain de l'annonce d'un accord de 2,2 milliards de dollars entre Dakar et le FMI, des organisations de la société civile sénégalaise réclament la publication du plan de traitement de la dette et des garanties contre des mesures d'austérité qui toucheraient les citoyens.

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Au Sénégal, au lendemain de l’annonce d’un accord avec le Fonds monétaire international sur un prêt de 2,2 milliards de dollars destiné à soulager les finances de ce pays très endetté, des voix au sein de la société civile s’inquiètent des engagements pris par Dakar pour l’obtenir. Elles réclament plus de transparence vis-à-vis des citoyens sur de possibles mesures d’austérité, qui pourraient peser sur les Sénégalais dans les prochains mois, notamment sur la stratégie de réduction du poids de la dette.
Avec notre correspondante à Dakar, Léa-Lisa Westerhoff
Quelles sont les réformes exactes prévues par le Sénégal pour redresser ses finances publiques ? Mardi 1er septembre, le ministre de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba, a évoqué un meilleur ciblage des subventions à l’électricité et un plan de traitement de la dette pour qu’elle redevienne viable, c’est-à-dire remboursable, sans donner davantage de détails.
Souleymane Gueye, coordonnateur du Front pour une révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine, un mouvement citoyen proche du Pastef, réclame plus d’explications de la part des autorités. «Le gouvernement parle de rationalisation des dépenses, de réformes, de subventions, de transferts ciblés et de plans de traitement de la dette. Mais justement, les Sénégalais ont vraiment le droit de savoir le contenu de ces négociations qui ont été faites au nom du Sénégal», affirme-t-il.
Un appel à plus de transparence
Publier sans délai ce plan de traitement de la dette, c’est aussi ce que réclame le think tank Legs Africa. Son président, Elimane Haby Kane, appelle également l’État à ce que les mesures prises pour restaurer la santé financière du pays n’appauvrissent pas les citoyens sénégalais. «La santé, l’éducation et l’économie directe, il ne faut pas négliger ces secteurs-là parce que la santé publique, ce n’est pas seulement les chiffres pour dire qu’on a un déficit de 3 %», explique-t-il. «Ce qui est plus important, c’est de savoir si les flux financiers sont investis dans les secteurs où on prépare l’avenir de ce pays, et si on maintient le bien-être des populations.»
Dans un communiqué, Legs Africa appelle l’État à plus de transparence, à la création d’un dispositif de redevabilité citoyenne et à un contrôle parlementaire appuyé par la Cour des comptes.
L’accord conclu le 1er septembre, d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars sur 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit, reste conditionné à l’obtention de garanties de financement auprès des partenaires du Sénégal et à l’approbation de la direction et du conseil d’administration du FMI. Il fait suite à la suspension d’un précédent programme, conclu en 2023 pour 1,8 milliard de dollars, après la révélation d’un déficit budgétaire 2023 réévalué de 4,9 % à 12,3 % du PIB.



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