Niger : 268 kg de cocaïne interceptés dans un camion venu d’Accra
Le Niger a annoncé une saisie record de 268 kg de cocaïne à Zinder, dans une opération visant un réseau transnational reliant l’Afrique de l’Ouest aux corridors sahélo-sahariens vers la Libye. Huit ressortissants nigériens ont été interpellés, tandis que les enquêteurs recherchent le chef présumé du réseau, déjà visé par un mandat d’arrêt international.

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L’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) a présenté lundi 25 mai à la presse une saisie de 268,045 kg de cocaïne réalisée le 19 mai à Zinder, deuxième ville du Niger, située à environ 900 kilomètres à l’est de Niamey. La cargaison, conditionnée en 233 briques et dissimulée dans des compartiments aménagés sous la remorque d’un camion en provenance d’Accra, constitue selon l’OCRTIS un record national.
Huit individus de nationalité nigérienne ont été interpellés lors de l’opération. La commissaire de police Rachida Mayaki Boubacar, cheffe d’antenne régionale, a indiqué que l’interception résultait de renseignements opérationnels signalant la circulation d’un poids lourd suspect. Un dispositif de surveillance a été déployé à l’entrée de la ville, permettant d’orienter le véhicule vers des locaux sécurisés pour fouille approfondie. Des perquisitions menées dans des garages et domiciles liés aux mis en cause ont également conduit à la découverte de plusieurs plaques d’immatriculation étrangères.
La valeur marchande de la saisie est estimée par la police nigérienne à 16,082 milliards de francs CFA, soit environ 24,5 millions d’euros. Les huit suspects présumés ont été remis aux services compétents pour les suites judiciaires. Le dossier a été transmis au Pôle Judiciaire Spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.
Un itinéraire sahélien sur cinq pays
Selon les éléments communiqués par la commissaire Mayaki Boubacar, la cargaison aurait quitté Accra, transité par Lomé (Togo), Kandi (Bénin) et Sokoto (Nigeria), avant d’entrer au Niger par le poste de Konni, puis de remonter vers Maradi et Zinder. La destination finale présumée était la Libye, via les corridors sahélo-sahariens. Le corridor Niger-Libye est depuis une quinzaine d’années l’un des axes majeurs du trafic de stupéfiants, d’armes et de personnes en Afrique subsaharienne.
Les enquêteurs ont établi un lien entre ce convoi et une précédente saisie : selon l’OCRTIS, le chef présumé du réseau serait le même individu impliqué dans l’introduction de 51,7 kg de cocaïne interceptés à Gaya, dans le sud-ouest du Niger, le 29 septembre 2025. Cet homme, identifié par la commissaire Mayaki Boubacar sous le nom de Hamadou Samey Issa, alias « le Malien », fait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt international. Des recherches sont en cours au Niger, au Ghana, au Mali et au Togo.
La saisie de janvier 2022 constituait jusqu’ici le record national avec 214,635 kg de cocaïne interceptés dans le nord désertique du Niger, dans un véhicule d’un maire de Fachi qui se dirigeait vers Dirkou, localité proche de la frontière libyenne. La saisie du 19 mai 2026 dépasse ce précédent de près de 54 kg.
Le Niger a connu une accélération des saisies de stupéfiants depuis le début de l’année 2026. En février, la police d’Illéla (région de Tahoua) avait intercepté 800 000 comprimés d’ecstasy dissimulés dans un véhicule acheminé depuis Marseille via le port de Cotonou — une première nationale pour ce type de substance, estimée à 8 milliards de francs CFA. Entre le 30 avril et le 8 mai, l’antenne d’Agadez avait démantelé trois réseaux de trafic de cannabis pour un total de plus de 109 kg saisis.
Procédure judiciaire et appel à la coopération
Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey, Ousmane Beido, a salué lors de la conférence de presse le travail de l’OCRTIS et annoncé la poursuite des investigations pour identifier les soutiens et complices du réseau. L’OCRTIS a appelé la population à transmettre tout renseignement aux Forces de Défense et de Sécurité via les numéros verts 8383 et 17.
La présomption d’innocence s’applique à l’ensemble des personnes mises en cause dans cette affaire. Les huit interpellés n’ont pas été nommément identifiés dans les communications officielles.


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