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Burkina : Lansana Kouyaté chez Traoré, la CEDEAO tente de renouer le dialogue avec l’AES

Le médiateur de la CEDEAO auprès de l’AES, Lansana Kouyaté, a été reçu à Ouagadougou par le président burkinabè Ibrahim Traoré pour des échanges consacrés à la sécurité régionale, à la stabilité et à la libre circulation. Cette première étape sahélienne marque le début opérationnel d’une médiation délicate entre une CEDEAO affaiblie par le départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger, et une AES qui affirme son autonomie tout en souhaitant préserver certains liens pratiques avec l’espace ouest-africain.

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Burkina : la CEDEAO tente de renouer le dialogue avec l’AES en envoyant Lansana Kouyaté chez Traoré
Burkina : la CEDEAO tente de renouer le dialogue avec l’AES en envoyant Lansana Kouyaté chez Traoré PH: DR
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Le président burkinabè Ibrahim Traoré a reçu lundi 25 mai à Ouagadougou Lansana Kouyaté, médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) auprès de la Confédération des États du Sahel (AES), dans le cadre des consultations engagées entre les deux blocs régionaux. L’audience a été confirmée par la Direction de la communication de la Présidence du Faso.

À l’issue de la rencontre, Kouyaté a indiqué que les échanges avaient porté sur « des sujets assez complexes qui touchent la sécurité, la stabilité de nos pays ». Le médiateur a déclaré plaider pour « une coopération exemplaire » entre la CEDEAO et l’AES, estimant que « la géographie unit ces deux entités ». Il a précisé que l’enjeu prioritaire est de permettre aux populations de continuer à circuler librement entre les deux espaces, et a indiqué que Traoré avait donné « des instructions éclairées » sans en préciser la teneur. Aucun communiqué conjoint n’a été publié à l’issue de l’audience.

Il s’agit de la première étape sahélienne de Kouyaté depuis sa nomination, le 25 mars 2026, par la Commission de la CEDEAO. L’ancien Premier ministre guinéen, âgé de 75 ans, avait auparavant effectué une tournée de consultations auprès des chefs d’État membres de la CEDEAO : Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire le 30 avril, Bassirou Diomaye Faye au Sénégal le 8 mai, et le président ghanéen John Dramani Mahama. Son déploiement dans les capitales sahéliennes — Ouagadougou, puis, selon les informations disponibles, Bamako et Niamey — constitue la phase opérationnelle de sa mission.

Un médiateur au profil institutionnel ancré

Lansana Kouyaté n’est pas une figure inconnue des chancelleries ouest-africaines. Natif de Koba en Guinée, il a été secrétaire exécutif de la CEDEAO entre 1997 et 2002, puis sous-secrétaire général des Nations unies et représentant spécial du Secrétaire général en Somalie. Il a également exercé les fonctions de Premier ministre de Guinée et a été impliqué dans des médiations lors des crises ivoirienne, libérienne et bissau-guinéenne.

Sa nomination a été formellement notifiée par le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray. Elle est intervenue après l’échec de précédentes tentatives de médiation : le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye avait été désigné médiateur par la CEDEAO en juillet 2024, sans résultat. Le président ghanéen John Mahama avait conduit en mars 2025 une tournée dans les trois capitales sahéliennes, là aussi sans aboutissement.

L’organisation sous-régionale a précisé que Kouyaté dispose d’un mandat de quatre-vingt-dix jours pour faire progresser les discussions, à compter de sa désignation.

Un retrait consommé mais des liens à préserver

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement quitté la CEDEAO en janvier 2025 pour former l’AES, dont Traoré assure la présidence tournante. Les trois États — dirigés par des juntes militaires arrivées au pouvoir entre 2020 et 2023 — ont affirmé à plusieurs reprises le caractère irréversible de leur retrait.

Parmi les dossiers en suspens figurent le transfert de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) vers Abidjan, le déménagement de certaines infrastructures régionales, et l’accès des pays de l’AES aux financements de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC). Les trois États souhaitent par ailleurs conserver le bénéfice de la libre circulation des personnes et des biens, qui n’a pas été formellement suspendue malgré la rupture institutionnelle.

Ouattara avait exprimé lors de la réunion du 30 avril son scepticisme face à la rupture consommée, se posant la question de savoir « comment on peut quitter une organisation aussi soudée ». Le Sénégal de Faye a, de son côté, plaidé pour une désescalade et une approche fondée sur la concertation. Ni Bamako ni Niamey n’ont réagi publiquement à la visite de Ouagadougou à ce stade.

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