Madagascar : Zèle Rasoanoro, pionnière de la presse nationaliste

Journaliste et militante anticoloniale, Zèle Rasoanoro a participé à la presse favorable au MDRM et aux mouvements de solidarité avec les prisonniers politiques. Les archives disponibles la situent encore dans les réseaux nationalistes au milieu des années 1950.

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Antananarivo, souvent appelée Tana ou Tananarive, capitale politique et économique de Madagascar
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SOMMAIRE

À Antananarivo, Zèle Rasoanoro rejoint en octobre 1947 l’équipe de rédaction de La Fraternité-Fihavanana, un journal engagé pour la libération des prisonniers politiques et l’indépendance de Madagascar, quelques mois après l’insurrection contre le pouvoir colonial français.

Son parcours la place parmi les pionnières de la presse politique malgache. La documentation disponible confirme son activité de journaliste et de militante proche du Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM), dans un milieu éditorial alors très majoritairement masculin.

Le journal paraît pour la première fois le 16 octobre 1947, après la dissolution de plusieurs titres favorables au MDRM. Soumis aux saisies et aux suspensions, il change ensuite plusieurs fois de nom pour poursuivre sa parution, notamment sous les titres Tenimiera, Ny Asantsika et Tari-Dalana.

La chronologie de l’incarcération de Zèle Rasoanoro reste imparfaitement documentée. Des travaux récents la présentent comme prisonnière politique entre 1948 et 1950, tandis qu’un rapport contemporain du Conseil de la République française la mentionne comme candidate communiste issue de l’ancien MDRM lors d’une élection provinciale organisée à la fin de 1949.

Journalisme, syndicalisme et solidarité politique

Après la répression de 1947, la presse militante devient l’un des principaux relais des familles de détenus. Zèle Rasoanoro participe à ce réseau aux côtés de Gisèle Rabesahala, Rémi Rakotobe et d’autres militants nationalistes et communistes.

En 1950, son nom figure parmi les membres du Comité de solidarité de Madagascar, organisation liée au Secours populaire français et mobilisée en faveur des victimes de la répression coloniale. Les sources historiques la rattachent également aux réseaux de la Confédération générale du travail.

Les documents consultés ne permettent pas d’établir avec certitude qu’elle fut la toute première femme journaliste du pays, mais ils attestent sa présence dans la presse nationaliste dès 1947 et son rôle politique au cours des années suivantes.

Sa trace apparaît encore dans les regroupements nationalistes de 1955-1956 : elle est citée parmi les anciens militants du MDRM associés au Front du peuple, devenu Comité d’union du peuple malgache, avant la création de l’Union du peuple malgache en janvier 1956.

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