Madagascar : face à l’afflux de riz importé, l’exécutif suspend les taxes et encadre les flux

Le gouvernement malgache a levé provisoirement les barrières fiscales sur le riz étranger pour stabiliser le marché intérieur. Une mesure d'urgence qui accentue les difficultés des riziculteurs locaux face à une concurrence extérieure record.

ECONOMIE
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L’exécutif malgache a décidé de suspendre l’application des taxes prévues sur le riz importé, comprenant un droit de douane de 20 % et une taxe sur la valeur ajoutée de 5 %. Cette détaxation temporaire a été actée à la fin du mois d’août 2026 dans le but de prévenir les pénuries et de stabiliser les prix à l’approche de la période de soudure.

Cette décision gouvernementale intervient dans un climat de vive inquiétude au sein de la filière agricole, qui alerte sur l’emballement des achats extérieurs. Les arrivages de riz étranger sur le territoire national ont avoisiné les 800 000 tonnes durant l’année 2025, avant de franchir à nouveau le seuil des 408 000 tonnes dès le premier semestre 2026.

La présence massive de cette marchandise étrangère sur les marchés intérieurs provoque une forte baisse des cours et paralyse la commercialisation des récoltes locales. Les exploitants malgaches se heurtent à de lourdes difficultés d’écoulement, alors que leur rentabilité est déjà mise à mal par la cherté persistante des intrants et les coûts élevés liés aux contraintes de transport.

Cette crise fragilise directement le statut agricole de la Grande Île, qui figure pourtant au troisième rang des producteurs de riz à l’échelle du continent africain, juste derrière le Nigeria et l’Égypte. La riziculture y demeure le moteur névralgique de l’économie des campagnes et le socle indispensable pour garantir la sécurité alimentaire de millions d’habitants.

Un encadrement administratif pour préserver les producteurs

Pour tenter de rassurer les acteurs nationaux et limiter les distorsions, le ministère du Commerce maintient un régime strict d’autorisations fondé sur la déclaration préalable des importateurs. Ce mécanisme de surveillance commerciale vise à réguler avec précision les volumes débarqués afin d’empêcher l’asphyxie totale des exploitations familiales réparties sur l’ensemble du territoire.

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