IVG au Bénin, la loi élargie en 2021 reste encore mal comprise
Un atelier tenu à Grand-Popo relance la vulgarisation du cadre légal de l’IVG. Le droit béninois autorise l’intervention dans des situations précises et encadre strictement sa pratique.

Au Bénin, des journalistes réunis à Grand-Popo les 9 et 10 septembre ont travaillé à mieux expliquer la loi encadrant l’interruption volontaire de grossesse. L’atelier de Cojas-Bénin, organisé dans le cadre de Kaléidoscope, cible notamment la méconnaissance du texte, la stigmatisation et les difficultés d’orientation vers des soins qualifiés.
La loi n°2021-12 du 20 décembre 2021 ne rend pas l’IVG libre sans conditions. Elle a modifié le cadre de 2003, qui autorisait déjà l’intervention lorsque la grossesse mettait en danger la vie ou la santé de la femme, lorsqu’elle résultait d’un viol ou d’un inceste, ou lorsqu’une affection d’une particulière gravité concernait l’enfant à naître.
Le texte a ajouté une autre possibilité à la demande de la femme enceinte lorsque la grossesse est susceptible d’aggraver ou d’occasionner une situation de détresse matérielle, éducative, professionnelle ou morale incompatible avec son intérêt ou celui de l’enfant à naître. Pour ce motif, la loi fixe une limite à douze semaines d’aménorrhée.
Le décret n°2023-151 du 19 avril 2023 a ensuite précisé les conditions de prise en charge. L’IVG ne peut être pratiquée que par un médecin, une sage-femme ou un infirmier dûment habilité, dans une formation sanitaire publique ou privée disposant de l’agrément requis. Le texte prévoit aussi une prise en charge psychologique et sociale, le secret professionnel ainsi qu’un consentement libre, éclairé et renouvelé.
Ce cadre n’autorise donc ni l’automédication ni les services proposés hors du système de santé. Lors de la réforme de 2021, le gouvernement avait justifié l’élargissement de la loi par les conséquences des avortements clandestins et non sécurisés, qui exposaient encore des femmes à des complications graves et à des décès.
À Grand-Popo, les échanges des 9 et 10 septembre ont justement porté sur la manière de rendre ces règles compréhensibles au-delà des spécialistes. Les difficultés citées pendant l’atelier incluent aussi le coût, la pression familiale, l’accès limité aux structures qualifiées et la qualité variable de la prise en charge.
La loi n°2021-12 figure dans la base de législation sanitaire de l’OMS et le décret n°2023-151 est publié par le Secrétariat général du Gouvernement. Le décret n°2023-151 du 19 avril 2023 réserve la pratique aux professionnels habilités dans des formations sanitaires autorisées.



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