État civil: l’ANIP lance l’enrôlement des enfants sans acte de naissance
Le Bénin franchit une nouvelle étape dans la garantie du droit à l’identité avec une initiative de l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) visant à enrôler les enfants qui n’ont jamais été déclarés à l’état civil.

Cette information a été rendue publique ce jeudi 29 janvier 2026 à travers les canaux digitaux de l’ANIP.
Selon l’agence, les enfants âgés de 0 à 13 ans dépourvus de tout acte de naissance pourront désormais être enregistrés dans les registres officiels sur la base d’un témoignage, ouvrant ainsi la voie à la délivrance d’un acte d’état civil sécurisé.
Ce dispositif fait partie d’un mouvement plus large de modernisation de l’état civil au Bénin, porté par l’ANIP depuis plusieurs années. La loi n° 2017-08, qui a créé l’agence et encadré l’identification des personnes physiques, a servi de fondement à diverses opérations d’enregistrement et de délivrance de documents d’identité.
La réforme et la numérisation des services d’état civil ont déjà permis d’importants progrès : en 2025, l’ANIP a délivré 10,5 millions de documents d’état civil et d’identité, avec près de 75 % des démarches effectuées en ligne ou à distance, desservant environ 4 millions de citoyens.
L’enregistrement des enfants sans acte de naissance répond à un enjeu à la fois social et juridique majeur. Sans reconnaissance officielle à la naissance, un enfant reste invisible aux yeux de l’État et se trouve souvent privé d’accès à des services essentiels comme l’éducation, les soins de santé ou la protection sociale. De ce point de vue, ce volet d’enrôlement renforce l’inclusion et la protection des plus jeunes.
L’initiative s’inscrit également dans une dynamique internationale, qui place l’identité juridique et l’acte de naissance en particulier au centre des droits fondamentaux des enfants, comme en soulignent des partenaires comme l’UNICEF dans des rapports récents sur la modernisation des systèmes d’état civil.
L’ANIP indique que ce processus contribuera à « rapprocher l’État des familles » et à garantir que « chaque enfant puisse bénéficier d’une existence légale reconnue », reflétant une approche qui mêle innovation numérique et justice sociale pour corriger une situation historique de « sans-papiers » dans les registres officiels.

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