CRIET: le procès d’un lieutenant-colonel poursuivi pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État » renvoyé en octobre 2026
Les débats dans le dossier impliquant un lieutenant-colonel des Forces armées béninoises, poursuivi pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État », se poursuivront à la rentrée judiciaire.

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Lors de la dernière audience qui s’est tenue le lundi 20 juillet 2026, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a renvoyé la procédure au 5 octobre 2026.
Ce report a été demandé par le ministère public afin de préparer ses réquisitions contre le prévenu. La décision s’inscrit également dans le calendrier judiciaire, les vacances des tribunaux débutant au mois d’août pour s’achever en septembre. L’affaire sera donc examinée dès la reprise des audiences en début d’octobre 2026.
Un message WhatsApp interprété comme un soutien aux mutins
L’officier est poursuivi suite à l’envoi d’un message adressé à Pascal Tigri, chef de la mutinerie du dimanche 7 décembre 2025. Dans un groupe WhatsApp réunissant son promotionnaire en fuite et plusieurs autres membres de l’armée, l’officier avait rédigé le texte : « Félicitations Mr le Président ».
Ce message est perçu par l’accusation comme un acte d’adhésion au groupe de militaires qui tentait de renverser l’ordre constitutionnel au Bénin. Suite à cette publication, le militaire a été interpellé puis poursuivi par le parquet spécial de la CRIET.
Une stratégie d’auto-préservation dictée par la peur
À la barre, le lieutenant-colonel a rejeté toute intention de nuire et a plaidé non coupable. Il a expliqué avoir rédigé ce message pour éviter d’éventuelles représailles. L’officier a précisé qu’il entretenait des relations tendues avec le chef des mutins, qui le considérait comme un militaire proche de Patrice Talon à la suite de divergences antérieures.
Pour justifier sa réaction, le prévenu a évoqué la panique ressentie lorsqu’il a aperçu un véhicule blindé circuler à vive allure dans son quartier. Il a affirmé que sa démarche visait uniquement à protéger sa propre vie et non à valoriser l’action de Pascal Tigri.
Les arguments développés par la défense
Pendant les débats, l’un des avocats du prévenu a mis en avant plusieurs éléments à décharge. Le conseil a souligné que si son client avait été de connivence avec les auteurs de la tentative de coup d’État, il aurait pris la fuite dès l’échec de l’opération.
La défense a également rappelé la coopération de l’officier avec sa hiérarchie. Le prévenu a indiqué avoir rendu compte de ses échanges avec Pascal Tigri à l’ancien chef d’état-major adjoint, en l’informant d’abord par téléphone au moment des événements, puis en se rendant directement auprès de lui le lendemain matin.



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