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Parlement de la CEDEAO: à Cotonou, les députés planchent sur l’avenir des MPME

Réunis à Cotonou jusqu’au 31 juillet, les parlementaires de la CEDEAO, des membres de gouvernements, des experts et des représentants du secteur privé planchent sur les moyens de faire des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) les véritables moteurs des chaînes de valeur régionales. Face aux difficultés persistantes d’accès au financement, à l’informalité et aux obstacles au commerce intracommunautaire, les participants tenteront d’identifier des réformes concrètes pour accélérer l’intégration économique ouest-africaine et tirer pleinement parti de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

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SOMMAIRE

Le Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a ouvert, ce lundi à Cotonou, une réunion délocalisée de sa commission mixte consacrée à un enjeu central pour l’avenir économique de la sous-région : le renforcement du rôle des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) dans les chaînes de valeur régionales. Jusqu’au 31 juillet, parlementaires, représentants des gouvernements, experts et acteurs du secteur privé tenteront d’identifier les réformes capables de lever les freins qui empêchent encore ces entreprises de devenir de véritables moteurs de l’intégration économique.

Le choix du thème n’est pas anodin. Les MPME représentent près de 90 % du tissu entrepreneurial ouest-africain et assurent l’essentiel des emplois. Pourtant, elles continuent de subir les mêmes contraintes : difficultés d’accès au financement, poids de l’informalité, faibles capacités de transformation locale, obstacles réglementaires et barrières au commerce régional.

En ouvrant les travaux, la cheffe de la délégation béninoise au Parlement de la CEDEAO, Cécile Ahouménou, a appelé les États membres à transformer la résilience dont fait preuve la région face aux crises en une croissance durable. « Les Micro, petites et moyennes entreprises demeurent l’épine dorsale de notre économie régionale. Elles stimulent l’innovation, créent des emplois — notamment pour les femmes et les jeunes — et renforcent la production locale ainsi que la résilience économique », a-t-elle déclaré. Pour la parlementaire béninoise, la formalisation des entreprises constitue désormais un levier indispensable de compétitivité et d’intégration.

Même conviction du côté des autorités béninoises. Représentant le président de l’Assemblée nationale, Mahougnon Kakpo a rappelé que les PME constituent « la colonne vertébrale » des économies ouest-africaines et qu’elles seront déterminantes pour réussir la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Selon lui, l’amélioration du climat des affaires passe autant par des réformes législatives que par un meilleur accès au financement, aux infrastructures et aux marchés régionaux.

La ministre béninoise des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, Awaou Baco, a, pour sa part, présenté les réformes engagées par le Bénin afin de favoriser la formalisation des entreprises et leur montée en puissance. « L’avenir économique de l’Afrique de l’Ouest se construira avec les micro, petites et moyennes entreprises », a-t-elle affirmé, avant d’appeler à une mobilisation régionale pour développer des chaînes de valeur compétitives dans la perspective de la ZLECAf.

Représentant la présidente du Parlement de la CEDEAO, la deuxième vice-présidente, Adjaratou Traoré, a également placé les MPME au cœur de la stratégie communautaire. « Les MPME constituent un levier essentiel de croissance inclusive, de création d’emplois et d’intégration économique régionale », a-t-elle souligné. «Bâtir une économie régionale plus compétitive, plus inclusive et plus résiliente revient à faire des MPME les véritables moteurs de création de richesse », a-t-elle affirmé. Adjaratou Traoré a également plaidé pour la mise en place de mécanismes de financement innovants et un soutien accru aux entreprises dirigées par des femmes et des jeunes, avant d’exprimer sa confiance dans l’adoption, à l’issue des travaux, de recommandations « ambitieuses, réalistes et pragmatiques ».

Le défi de la mise en œuvre

Au-delà des discours d’ouverture, la première journée a été marquée par plusieurs communications techniques consacrées aux leviers concrets de développement du secteur privé. Directrice générale de l’Agence de développement des PME (ADPME), Aline Alia a présenté le modèle béninois, fondé notamment sur la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), présentée comme un accélérateur de formalisation des entreprises.

Le directeur de l’administration du secteur privé de la Commission de la CEDEAO, Dr Tony Luka Elumelu, a pour sa part estimé que la région ne souffre plus d’un déficit de textes communautaires mais d’un problème d’application. « Nous devons mettre en œuvre ce que nous avons adopté. Il ne s’agit plus de multiplier les politiques, mais de faire fonctionner celles qui existent déjà », a-t-il insisté, appelant les États membres à mieux respecter les engagements communautaires et à supprimer les obstacles qui continuent de freiner les échanges.

Le poids du secteur informel au cœur des débats

Les échanges ont également mis en lumière les contradictions de l’intégration économique ouest-africaine. Intervenant lors des discussions, le professeur Arifari Bako a rappelé que si les statistiques officielles situent le commerce intracommunautaire autour de 15 %, cette proportion atteindrait près de 75 % en intégrant les échanges informels. Pour lui, cette réalité impose de nouvelles approches, fondées sur des mécanismes d’accompagnement plutôt que sur une simple logique de contrôle.

L’universitaire a également dénoncé la multiplication des postes de contrôle sur les corridors régionaux, citant notamment l’axe Sèmè-Kraké–Badagry, où il affirme avoir recensé plus d’une soixantaine de contrôles sur moins de quarante kilomètres. Une situation qui, selon lui, illustre les difficultés persistantes de mise en œuvre des textes communautaires sur la libre circulation.

Les travaux de la commission mixte se poursuivront jusqu’au 31 juillet. Les parlementaires devront formuler des recommandations destinées à renforcer la compétitivité des MPME, accélérer leur formalisation et favoriser leur intégration dans les chaînes de valeur régionales, avec en toile de fond l’ambiti

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