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Côte d’Ivoire : vers une exonération de la TVA sur les engrais

La Côte d’Ivoire envisage de rétablir une exonération totale de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) appliquée aux engrais afin d’alléger la facture des producteurs agricoles, alors que la hausse des prix sur le marché international, liée notamment au conflit au Moyen-Orient, pèse sur l’approvisionnement en intrants. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a également appelé à développer une production locale d’engrais pour réduire la dépendance aux importations.

POLITIQUE
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Côte d'Ivoire vers une exonération totale sur les engrais
Côte d’Ivoire vers une exonération totale sur les engrais
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Le gouvernement étudie un passage du taux de TVA actuellement fixé à 9 % vers une exonération complète pour les engrais. Selon le ministère, cette mesure viserait à faciliter l’accès des agriculteurs aux intrants en limitant l’impact de la hausse mondiale des prix. Bruno Nabagné Koné a rappelé que le taux avait déjà varié ces dernières années — de 0 % à 18 % puis au niveau actuel — et que des échanges sont en cours avec les administrations concernées pour envisager un retour à une taxation nulle.

La réforme fiscale entrée en vigueur début 2026 a instauré le taux de 9 % applicable aux intrants utilisés pour la fabrication des engrais, aux aliments pour bétail et aux autres intrants de production. Cette décision avait suscité des critiques du secteur agricole, préoccupé par l’augmentation des coûts et ses répercussions sur la rentabilité des exploitations.

Mesures envisagées et diagnostic du secteur agricole

Lors d’une réunion consacrée à la montée des coûts de l’énergie et à la contraction de l’offre d’engrais, le ministre de l’Agriculture a expliqué que la Côte d’Ivoire soutiendrait « toute initiative favorisant une production sous‑régionale d’envergure ». L’exécutif place ainsi la réduction de la vulnérabilité aux fluctuations internationales au cœur des discussions sur la sécurité des approvisionnements agricoles.

Le dossier combine des enjeux fiscaux et industriels : l’exonération de la TVA est présentée comme un instrument de court terme pour alléger le coût des intrants, tandis que le développement d’une capacité de production locale est envisagé comme une réponse structurelle visant à limiter la dépendance aux marchés extérieurs et aux variations des prix mondiaux.

Parallèlement, Bruno Nabagné Koné a attiré l’attention sur le faible niveau de financement du secteur agricole par rapport à son poids économique. Le secteur représente environ 25 % du produit intérieur brut et emploie plus de 60 % de la population active, mais il capte seulement quelque 6 % des financements nationaux. Le ministre a souligné la nécessité d’améliorer l’accès au crédit pour les petits producteurs aujourd’hui largement exclus des circuits financiers formels.

Pour corriger ce déséquilibre, le ministre a indiqué qu’il faudra convaincre les banques et les investisseurs de considérer davantage le secteur agricole, tout en précisant que des discussions sont menées avec les administrations compétentes sur la question de la TVA sur les engrais. Le ministre a invité les acteurs à privilégier la production locale d’engrais

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