Côte d’Ivoire : au procès de Kafolo, la défense conteste les réquisitions
Le procès lié à l’attaque de Kafolo en juin 2020, ouvert à la fin décembre 2025, reprend ce lundi 20 avril 2026 devant la chambre criminelle d’Abidjan. Les débats portent sur une opération menée contre un poste de contrôle situé à la frontière ivoiriano-burkinabè.

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Cette attaque, attribuée à la Katiba Macina, avait coûté la vie à quatorze soldats ivoiriens, selon les éléments retenus par l’accusation. Les faits remontent à l’été 2020 et restent au centre des audiences qui se déroulent depuis plusieurs mois.
Au total, quarante-cinq personnes sont jugées pour leur présumée participation à cet événement. Les échanges à la barre ont exploré tant les conditions de l’assaut que la place exacte de chaque prévenu et les liens éventuels avec des groupes djihadistes.
Ce lundi matin, l’attention est tournée vers les plaidoiries de la défense, qui devront répondre aux réquisitions déjà présentées par le ministère public et aux pièces du dossier.
Réquisitions différenciées et stratégie de la défense
Le procureur a segmenté les accusations en trois catégories. Pour cinq hommes considérés comme directement impliqués dans l’attaque, le parquet a demandé la réclusion criminelle à perpétuité, les estimant membres d’un commando d’environ trente assaillants. Parmi eux figure Ali Sidibé, dit « Sofiane », qui a reconnu sa participation.
Vingt-six prévenus sont soupçonnés d’avoir assuré un soutien logistique — mise à disposition de lieux, transmission de renseignements, assistance matérielle — et se voient confrontés à des réquisitions de vingt ans de détention.
Quatorze autres personnes sont jugées pour une implication que l’accusation qualifie d’« inopportune » : le ministère public a demandé leur acquittement et certains ont d’ailleurs été autorisés à bénéficier d’une liberté provisoire en attendant la décision finale.
La défense annonce qu’elle entend contester ces demandes. Me Mohamed Koné estime qu’il existe des points discutables dans le dossier et visera à faire tomber la qualification la plus lourde pour les auteurs présumés, tout en s’attachant à relativiser le rôle des soutiens afin d’obtenir, le cas échéant, des relaxes pour les prévenus moins engagés.



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