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Abidjan : les opérateurs de salubrité sommés de rendre la ville propre sous 72 heures

Le ministre ivoirien de la Salubrité, Amédé Koffi Kouakou, a donné 72 heures aux opérateurs privés pour nettoyer Abidjan, confrontée à une recrudescence des dépôts d’ordures dans plusieurs quartiers. Cette injonction intervient alors que la capitale économique produit plus de 5 000 tonnes de déchets par jour et que la saison des pluies accentue les risques sanitaires et d’inondation.

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Des hommes se protègent des odeurs nauséabondes le 13 septembre 2006 devant une décharge dans un quartier d'Abidjan. Une importante quantité de déchets toxiques, déversée par une multinationale néerlandaise dans la capitale ivoirienne, se trouve en mer et à proximité de zones maraîchères, a déclaré un représentant de l'ONU, craignant une contamination de la chaîne alimentaire. Selon les autorités ivoiriennes, six personnes, dont quatre enfants, sont décédées et 10 000 ont consulté dans plus de 30 centres de santé depuis le déversement des déchets en août.
AFP PHOTO/ISSOUF SANOGO / AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO
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Le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité (MINHAS), Dr Amédé Koffi Kouakou, a réuni lundi 1er juin à son cabinet l’ensemble des opérateurs du secteur de la salubrité urbaine d’Abidjan et leur a fixé un délai de 72 heures pour rendre propre la métropole abidjanaise, face à la recrudescence d’ordures ménagères constatée dans la ville. Les opérateurs convoqués se sont engagés unanimement à s’exécuter dans le délai imparti, selon un communiqué du ministère.

La collecte des déchets solides ménagers dans le District autonome d’Abidjan est assurée depuis 2018 dans le cadre d’une délégation de service public par deux opérateurs privés : ECO EBURNIE, filiale du groupe portugais MOTA ENGIL, et ECOTI.SA. Un troisième opérateur, CLEAN EBURNIE, gère le Centre d’enfouissement technique (CET) de Kossihouen, qui a remplacé l’ancienne décharge saturée d’Akouédo. Ces sociétés opèrent sous la tutelle de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANAGED) et du MINHAS.

L’ultimatum ministeriel intervient dans un contexte de pression croissante sur la gestion des déchets à Abidjan. La capitale économique ivoirienne, avec plus de 5 millions d’habitants dans son agglomération élargie, génère selon les dernières données disponibles plus de 5 000 tonnes de déchets par jour, dont la collecte effective ne couvrirait que 3 000 tonnes selon UN-Habitat. La saison des pluies, qui intensifie le ruissellement et les inondations, aggrave chaque année les effets visibles des défaillances de collecte dans les quartiers populaires et les zones à forte densité comme Yopougon, Abobo et Adjamé.

Un ministre aux antécédents de grands chantiers

Amédé Koffi Kouakou est ingénieur de génie civil, né le 26 mars 1966 à Divo. Sorti major de promotion de l’École nationale supérieure des travaux publics (ENSTP) de Yamoussoukro en 1992, il dispose selon son ministère d’une expérience d’environ quarante ans dans les travaux publics. Il avait intégré le gouvernement en 2017 comme ministre des Infrastructures économiques, avant de prendre la tête du ministère de l’Équipement et de l’Entretien routier en 2023. C’est lors du remaniement du 23 janvier 2026, dans le gouvernement Mambé 2, qu’il a été nommé à la tête du MINHAS, succédant à Bouaké Fofana.

Lors de sa prise de fonction en janvier 2026, il avait annoncé trois axes : la continuité des chantiers ouverts par son prédécesseur – dont le Code de l’assainissement et de la salubrité adopté sous Fofana et le parc urbain de valorisation des déchets à Cocody -, l’innovation et l’efficacité. La réunion du 1er juin avec les opérateurs est la première injonction publique connue de Kouakou sur la question des ordures en milieu urbain.

Un problème structurel récurrent dans la capitale économique

La crise de salubrité à Abidjan n’est pas nouvelle. En juillet 2022, son prédécesseur Bouaké Fofana avait déjà réuni les mêmes opérateurs – Ecoti.SA, Eco-Eburnie et les opérateurs locaux – pour les rappeler à leurs obligations face à une dégradation similaire de la propreté de la ville. Des engagements avaient alors été pris, sans que la situation ne se stabilise durablement.

Les facteurs structurels restent inchangés : saturation progressive du CET de Kossihouen, insuffisance des flottes de camions-bennes, difficultés d’accès dans les zones non aplanies des quartiers précaires, et insuffisance du financement du service public de propreté – le budget annuel alloué par l’État à la gestion des déchets solides dans le district d’Abidjan était estimé à environ 42 milliards de FCFA (64 millions d’euros) selon UN-Habitat, une enveloppe jugée insuffisante par les spécialistes du secteur au regard des volumes à traiter. Le résultat concret de l’ultimatum du 1er juin sera connu au plus tard jeudi 4 juin.

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