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Côte d’Ivoire : 4 600 milliards FCFA annuels perdus dans l’orpaillage illégal, selon Bloomfield Intelligence

La Côte d’Ivoire perd chaque année environ 4 600 milliards de FCFA dans l’orpaillage illégal, soit l’équivalent de 142 tonnes d’or qui échappent au contrôle de l’État, a alerté Stanislas Zézé, président-directeur général du groupe Bloomfield Intelligence, lors de la 10e conférence annuelle Risque Pays tenue le 30 avril au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.

POLITIQUE
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Le chiffre, rapporté au budget national de 17 350 milliards de FCFA voté pour 2026, représente plus du quart des ressources de l’État. En parallèle, le secteur minier formel a contribué à hauteur de 4,5 à 5 % du PIB en 2024, avec des exportations minières dépassant 14 milliards de dollars, ce qui place la Côte d’Ivoire dans les cinq premiers pays miniers du continent, selon les données présentées lors de la conférence. Bloomfield Intelligence a par ailleurs relevé la note de risque pays de la Côte d’Ivoire de 6,3 à 6,5 sur 10 lors du même événement, maintenant le pays dans la catégorie des « risques faibles » avec une perspective stable.

Selon le rapport présenté par Bloomfield, les sites clandestins sont souvent financés par des réseaux étrangers, notamment chinois, et attirent une main-d’œuvre flottante venue de toute la sous-région, qui échappe aux contrôles migratoires et alimente la criminalité transfrontalière. Des dizaines de tonnes d’or partent en contrebande, privant le Trésor public de redevances minières considérables.

La facture environnementale est également pointée. La dépollution des rivières et des sols contaminés au mercure sera à la charge de l’État et des générations futures. L’Institute for Security Studies (ISS) estime que les mineurs artisanaux utilisent environ 558 kg de mercure par an en Côte d’Ivoire. Autour de certains sites, le rapport relève le développement d’activités connexes telles que la prostitution, la consommation et le trafic de stupéfiants.

La BRICM sur le terrain

Les autorités ivoiriennes ont déployé la Brigade de répression des infractions au code minier (BRICM), appuyée par la gendarmerie, qui mène des opérations quasi quotidiennes sur les sites clandestins. En mars 2026, des démantèlements majeurs à Adzopé et Bongouanou ont conduit à la destruction par le feu de motopompes, concasseurs et abris de fortune, avec pour consigne d’empêcher toute reprise.

Le ministre des Mines, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a réaffirmé le 16 avril en marge des Assemblées de printemps de la Banque mondiale et du FMI à Washington la volonté du gouvernement de lutter contre l’orpaillage clandestin. Le gouvernement renforce en parallèle la formation des magistrats pour alourdir les peines et transformer les interpellations en condamnations effectives.

À la différence des activités informelles, les mines industrielles contribuent à hauteur de 0,5 % de leur chiffre d’affaires au Fonds de développement local, qui finance des infrastructures de base (écoles, centres de santé, châteaux d’eau) au profit des communautés riveraines. Certains opérateurs formels participent également aux initiatives internationales de transparence comme l’ITIE.

Le nord de la Côte d’Ivoire reste le principal foyer de l’orpaillage illégal, en raison de la porosité des frontières, de la marginalisation économique des populations locales et de l’héritage de la rébellion de 2002-2011, qui a structuré des réseaux informels d’exploitation dans la région.

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