Image Celtiis
Image Celtiis

Côte d’Ivoire : déguerpissements, procès KDS, ordures… trois dossiers sous tension à Abidjan

Déguerpissements à Vridi 3, procès KDS pour une affaire d’escroquerie présumée de plus de 10 milliards FCFA, crise persistante des ordures à Abidjan : trois dossiers sensibles dominent l’actualité ivoirienne. Entre urgence sociale, justice économique et salubrité publique, les autorités ivoiriennes font face à une pression croissante.

POLITIQUE
275 vues
Une caterpillar saccagée lors d'affrontements dans le quartier Ebrié dans la commune d’Adjamé, à Abidjan. © Marine Jeannin/RFI
Une caterpillar saccagée lors d'affrontements dans le quartier Ebrié dans la commune d’Adjamé, à Abidjan. © Marine Jeannin/RFI
4 min de lecture
Google News Commenter

SOMMAIRE

Trois dossiers marquent la presse ivoirienne de ce jeudi 4 juin. Le District autonome d’Abidjan a lancé mardi 2 juin une opération de déguerpissement dans le quartier dit « Zimbabwe » à Vridi 3, commune de Port-Bouët, délogeant des milliers d’habitants. Le procès principal de Koffo Doga Séverin, PDG de KDS Holding, poursuivi pour escroquerie portant sur 10,238 milliards de FCFA, a par ailleurs connu une nouvelle audience. Et le chef de l’État Alassane Ouattara est interpellé sur la gestion des ordures ménagères à Abidjan, au lendemain de l’ultimatum de 72 heures lancé par le ministre de la Salubrité aux opérateurs de collecte.

Vridi 3 : des milliers de personnes délogées, le CNDH dénonce

Une dizaine de jours après la destruction de trois quartiers précaires de Cocody, le District autonome d’Abidjan a lancé mardi 2 juin une nouvelle opération de rétablissement de l’ordre urbain à Vridi 3, quartier de pêcheurs de 28 hectares connu sous le nom de Zimbabwe, tout proche du port autonome d’Abidjan. Des milliers d’habitants en ont été délogés sans ménagement. Fofana, boulanger présent dans le quartier depuis trente ans, a témoigné auprès d’Allafrica : « On ne nous a pas avertis, la machine est venue tout gâcher. »

Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a dénoncé ces opérations conduites par le District autonome d’Abidjan sans coordination avec les autorités municipales ni concertation avec les populations impactées. Selon les équipes de terrain du CNDH, plusieurs commerces et habitations ainsi que des biens socio-communautaires — dont des établissements scolaires accueillant plus de 2 500 élèves, des lieux de culte et des centres de santé — ont été détruits. Le gouverneur Ibrahim Cissé Bacongo avait déjà conduit des opérations similaires en 2024 et 2025 avant une pause liée à la période électorale. Il n’a pas sollicité les communes concernées, alors qu’un comité interministériel présidé par le Premier ministre avait été constitué pour gérer ces questions après les premiers déguerpissements de 2024.

KDS : le procès principal s’ouvre pour 4 000 souscripteurs

Le procès principal de Koffo Doga Séverin, PDG de KDS Holding, s’est ouvert mardi 2 juin devant le Pôle pénal économique et financier d’Abidjan, dans une affaire qui a marqué l’opinion ivoirienne et laissé des milliers de souscripteurs dans l’incertitude. Environ 4 000 personnes auraient investi dans le système de placement proposé par KDS, qui promettait à ses clients d’acquérir un taxi-compteur ou un VTC moyennant un investissement de 2 millions de FCFA, avec la perspective de percevoir jusqu’à 5 millions sur une année.

L’information judiciaire porte sur une escroquerie par appel public à l’épargne d’un montant provisoire de 10 238 449 500 FCFA et des faits de blanchiment de capitaux. Koffo Doga Séverin est maintenu en détention depuis le 26 juin 2024, après que le PPEF a rejeté le 13 avril 2026 sa nouvelle demande de mise en liberté provisoire lors de la première audience du procès, malgré une caution proposée de 10 millions de FCFA et des garanties de représentation. La présomption d’innocence s’applique à l’ensemble des personnes mises en cause dans ce dossier.

Ouattara rappelé sur les ordures, le lendemain de l’ultimatum de 72 heures

L’interpellation du chef de l’État sur les ordures ménagères intervient au lendemain de l’ultimatum de 72 heures lancé lundi 1er juin par le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Dr Amédé Koffi Kouakou, aux opérateurs ECO EBURNIE et ECOTI.SA pour rendre propre la métropole abidjanaise. Les opérateurs s’étaient engagés à s’exécuter dans le délai imparti, qui expirait jeudi 4 juin.

Ce n’est pas la première fois qu’Ouattara intervient sur ce dossier. En février 2024, à l’issue d’un Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly avait transmis un message du chef de l’État appelant le District à faire preuve de « solidarité et d’humanisme » dans les opérations d’assainissement afin de préserver la cohésion et la paix sociale. L’accumulation de déchets dans les quartiers populaires d’Abidjan constitue un problème récurrent, aggravé à l’approche du pic de la saison des pluies.

À NE PAS MANQUER

Commentaires

FIL D'ACTU
12:30 Côte d’Ivoire : déguerpissements, procès KDS, ordures… trois dossiers sous tension à Abidjan