Cameroun : Cabral Libii réclame un vice-président, le débat sur l’après-Biya s’enflamme

Au Cameroun, l’appel de Cabral Libii à nommer un vice-président déclenche une vive riposte. Christian Ntimbane Bomo dénonce le risque d’une succession « de gré à gré », tandis qu’Abel Elimbi Lobé conteste la démarche du président du PCRN.

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Cabral Libii
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Cabral Libii a demandé à Paul Biya de pourvoir le poste de vice-président instauré par la révision constitutionnelle du 14 avril 2026. Le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale soutient que cette nomination permettrait de sécuriser l’exercice du pouvoir et d’atténuer les tensions autour de la succession au sommet de l’État.

La sortie a provoqué une riposte ce dimanche 20 septembre. Christian Ntimbane Bomo, président du parti Héritage, accuse Cabral Libii de favoriser une « succession de gré à gré ». Dans une lettre ouverte, l’avocat estime qu’un vice-président nommé en cours de mandat pourrait devenir le successeur constitutionnel de Paul Biya en cas de vacance définitive.

Abel Elimbi Lobé a également attaqué la démarche sur Info TV. Il reproche au député du PCRN d’avoir participé à l’adoption de la réforme constitutionnelle avant de presser aujourd’hui le chef de l’État d’en appliquer l’une des principales nouveautés. Pour lui, les dysfonctionnements dénoncés par Cabral Libii ne justifient pas de déplacer le centre de l’action gouvernementale vers la vice-présidence.

La loi n°2026/002 promulguée le 14 avril prévoit que le président de la République peut être assisté par un vice-président. En cas de vacance pour décès, démission ou incapacité définitive constatée par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat présidentiel. Si le poste est vacant, une nouvelle élection présidentielle doit être organisée dans un délai de 20 à 120 jours.

C’est ce mécanisme de continuité qui alimente le conflit politique. Cabral Libii présente la nomination comme une garantie institutionnelle et affirme qu’elle pourrait réduire les luttes de succession. Ses détracteurs redoutent au contraire qu’un titulaire choisi par le président ne pèse directement sur l’organisation de l’après-Biya. Ntimbane Bomo réclame plutôt une issue par les mécanismes électifs et appelle le chef de l’État à démissionner.

Au 20 septembre, aucun vice-président n’a encore été nommé, plus de cinq mois après la promulgation de la réforme constitutionnelle. La fonction reste donc vacante alors que les nouvelles règles de succession sont déjà inscrites dans la Constitution.

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