Bénin : les conflits entre Boni Yayi et Patrice Talon ont plombé Les Démocrates, selon Ahossi
La démission annoncée de Boni Yayi de la présidence du parti Les Démocrates continue de susciter des réactions dans la classe politique béninoise. Ancien vice-président de cette formation politique, Léon Basile Ahossi estime que les relations conflictuelles entre l’ex-chef de l’État et le président Patrice Talon ont longtemps pesé sur le fonctionnement du parti.
Au Bénin, le départ annoncé de Boni Yayi de la tête du parti Les Démocrates continue d’alimenter les débats politiques. L’ancien président de la République a fait connaître sa décision de quitter la présidence de la formation politique qu’il dirigeait depuis octobre 2023, après le premier congrès du parti tenu à Parakou.
Même si cette démission n’a pas encore été formellement entérinée par les instances du parti, elle provoque déjà de nombreuses réactions. Parmi les voix qui se sont exprimées figure celle de Léon Basile Ahossi, ancien vice-président des Démocrates et député de la 9ᵉ législature.
Intervenant dans l’émission Zone Franche sur Canal 3 Bénin, l’ancien cadre du parti estime que cette décision aurait dû intervenir plus tôt. Selon lui, les tensions personnelles entre Boni Yayi et l’actuel chef de l’État ont eu des conséquences directes sur la vie interne du parti d’opposition.
« De mon point de vue, cette démission serait intervenue plus tôt. Je le souhaite et je le lui dis. Les conflits entre lui et le président Patrice Talon paralysaient les activités du parti… Nous avons estimé, avec des camarades, qu’il fallait qu’il recule pour qu’un autre parle au nom du parti auprès du chef de l’Etat. Mais il n’a pas voulu », a-t-il déclaré.
Pour Léon Basile Ahossi, cette situation a créé un blocage dans les relations politiques entre le parti et le pouvoir en place, dans la mesure où Boni Yayi demeurait l’interlocuteur direct du chef de l’État.
Dans ce contexte, certains responsables du parti auraient, selon lui, suggéré qu’une autre personnalité assure ce rôle afin de faciliter les échanges institutionnels. Une proposition qui n’aurait finalement pas été retenue.
« Aujourd’hui, moi je trouve que la démission arrive un peu tard », a poursuivi l’ancien député, tout en exprimant des réserves sur les raisons de santé avancées pour expliquer ce retrait. « Je les prends avec des pincettes », a-t-il affirmé.


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