Bénin : Gildas Agonkan prend officiellement les commandes de la Défense nationale
Gildas Habib Bignon Agonkan a officiellement pris les commandes du ministère délégué chargé de la Défense nationale, après sa nomination dans le premier gouvernement de Romuald Wadagni. Ancien député et ex-ambassadeur du Bénin au Niger, il arrive à un poste stratégique dans un contexte sécuritaire sensible, marqué par la pression jihadiste au nord du pays et la nécessité de relancer les canaux de coopération avec les voisins sahéliens.

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Gildas Habib Bignon Agonkan, ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Défense nationale, a officiellement pris ses fonctions mardi 26 mai au cours d’une cérémonie sobre tenue en présence des cadres du ministère. Son prédécesseur, Fortunet Alain Nouatin, l’a accueilli et les deux hommes se sont retirés pour une séance de travail à huis clos sur les dossiers en cours, avant de rejoindre les personnels réunis pour les allocutions officielles. La cérémonie s’est conclue par une première revue des troupes, acte symbolique marquant le début effectif du commandement d’Agonkan à la tête de la Défense.
Nommé par décret n°2026-314 du 24 mai 2026, Agonkan succède à Nouatin, qui avait occupé le portefeuille depuis 2021 sous Patrice Talon. Le poste est reconfigurée dans la nouvelle architecture gouvernementale de Wadagni : il devient un ministère délégué directement auprès du président de la République, aux côtés du ministère délégué à l’Intérieur et à la Sécurité publique, reflétant la volonté du chef de l’État de placer les deux portefeuilles régaliens sous son autorité directe.
Agonkan, surnommé « Djoblosky », est administrateur du développement local de formation. Élu député sous la 8e législature de l’Assemblée nationale, il avait présidé le réseau parlementaire sur la Décentralisation et le Développement local avant d’être nommé ambassadeur du Bénin près le Niger en 2023. Il avait été rappelé de Niamey en février 2025 après une sortie diplomatique mal reçue à Cotonou, dont la nature précise n’a pas été rendue publique.
Un profil diplomatique sur un dossier sécuritaire
La nomination d’Agonkan à la Défense est lue par plusieurs observateurs comme un choix délibérément orienté vers la dimension diplomatique du dossier sécuritaire. Son passage de deux ans à Niamey, dans un contexte de crise ouverte entre le Bénin et le Niger depuis le coup d’État de juillet 2023, lui confère une connaissance directe des acteurs et des sensibilités sahéliennes que peu d’autres profils disponibles pouvaient offrir.
Le nord du Bénin est soumis depuis plusieurs années à une pression croissante de groupes armés infiltrant depuis le Burkina Faso et le Niger. Les provinces de l’Alibori et de l’Atacora enregistrent des incidents sécuritaires réguliers depuis 2020, et la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 avait renforcé la préoccupation des autorités quant à la porosité des frontières septentrionales. La frontière nigérienne avec le Bénin demeure fermée depuis le putsch de juillet 2023, ce qui prive les deux pays d’un cadre formel de coopération transfrontalière en matière sécuritaire.
Dans ce contexte, sa connaissance du Niger et ses contacts au sein de l’administration sahélienne sont présentés par les analystes béninois comme un atout potentiel pour renouveler les canaux de coopération militaire bilatérale.
Continuité de la tutelle présidentielle sur la sécurité
Sous Talon, la Défense nationale était également placée sous la tutelle directe de la présidence, sans ministre de plein exercice depuis la réorganisation de 2021. Wadagni reconduit ce schéma tout en le formalisant dans un titre ministériel délégué explicite, distinction qui dote le portefeuille d’un titulaire identifiable et redevable publiquement. Le fait que les deux portefeuilles régaliens — Intérieur et Défense — soient tous deux des ministres délégués auprès du président, et non des ministres de plein exercice, indique que Wadagni entend conserver la maîtrise directe des dossiers de sécurité au niveau de la présidence.


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