Soutien à Romuald Wadagni : les vérités de Eugène Azatassou à Eric Houndété
À quelques jours de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, la crise interne au sein du parti Les Démocrates continue de s’intensifier. Dans une sortie médiatique sans détour au média Enjeux d’Afrique, Eugène Azatassou, cadre influent de la formation, a livré sa lecture des tensions actuelles. Il pointe directement les responsabilités d’Éric Houndété dans la fracture du parti, notamment autour du soutien au candidat Romuald Wadagni.

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Au cœur de la polémique, une question de discipline partisane. Selon Azatassou, la coordination nationale du 6 mars, alors dirigée par Éric Houndété, avait clairement décidé de sanctionner tout militant apportant un soutien à un duo de candidats avant une position officielle du parti. « Nous avons suspendu des camarades pour avoir agi à titre personnel alors que le parti n’avait pas encore tranché », rappelle-t-il.
Mais pour le vice-président du parti, la suite des événements révèle une incohérence majeure. Au lendemain de la décision officielle du parti de ne soutenir aucun candidat, Éric Houndété, pourtant président de séance lors de cette réunion, aurait lui-même franchi le pas en apportant son soutien à un duo en lice. Une attitude jugée inacceptable par Azatassou. « On ne peut pas appliquer une règle aux militants et une autre aux responsables. C’est pire quand celui qui a dirigé la décision la viole lui-même. »
Derrière cette divergence, Azatassou dénonce une tentative de contournement des règles internes à des fins de positionnement politique. Il évoque notamment un « juridisme » destiné à se maintenir à la tête du parti, tout en orientant progressivement la formation vers un soutien implicite à Romuald Wadagni.
Possibilité d’un dialogue après l’élection
Sur la question du leadership, le cadre des Démocrates est catégorique. Pour lui, la légitimité actuelle revient à Nourénou Atchadé, désigné par le conseil national du 22 mars. Il rejette ainsi les arguments d’Éric Houndété qui continue de se considérer comme président intérimaire, estimant que les textes du parti ont été respectés.
Interrogé sur une éventuelle influence de l’ancien président Boni Yayi dans cette recomposition interne, Azatassou balaie les accusations. Il affirme que les choix opérés relèvent exclusivement des militants et des instances du parti. « Nous sommes suffisamment mûrs pour défendre nos convictions sans manipulation », insiste-t-il, tout en reconnaissant la proximité historique de certains cadres avec l’ex-chef de l’État.
Sur le fond, Azatassou maintient la ligne politique des Démocrates qui est celle d’une opposition à la gouvernance actuelle, dont Romuald Wadagni est perçu comme un acteur central. Toutefois, il n’exclut pas une évolution future en fonction des actes du prochain président. « Nous ne sommes pas opposés aux hommes, mais à une gouvernance », précise-t-il en évoquant la possibilité d’un dialogue après l’élection.



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