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Sécurité au Bénin : un appel à renouer la coopération avec les voisins du Sahel

Joseph Hounsou
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Benin Mali
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À l’approche de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, des appels se font entendre à Cotonou en faveur d’un renforcement de la coopération en matière de sécurité avec l’Alliance des États du Sahel (AES). Le 21 mars, Romuald Wadagni, candidat du parti au pouvoir et ministre de l’Économie et des Finances, a déclaré devant des militants réunis au Palais des Congrès de Cotonou que le Bénin n’avait d’autre choix que de coopérer avec ses voisins.

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Les rebelles actifs au Sahel intensifient rapidement leurs attaques dans les zones frontalières entre le Niger, le Bénin et la Nigeria. M. Wadagni a promis de relancer le dialogue avec les pays voisins, « qui ont du mal à nous faire confiance », faisant directement référence au Niger et à l’AES. « Si nous ne coopérons pas plus étroitement avec nos voisins, nous ne ferons que repousser temporairement le problème, mais il reviendra quand même vers nous », a-t-il déclaré.

Selon lui, le problème de l’insécurité persistera tant que les questions de sécurité, de pauvreté généralisée et de la situation des jeunes ne seront pas abordées de manière globale. « Ces problèmes sont communs à tous les pays de la sous-région. Nous n’avons pas le choix : nous devons coopérer. »

Les responsables militaires du Bénin partagent également cet avis. Le 19 mars, lors d’une réunion tripartite à Cotonou entre les chefs d’état-major des forces armées françaises, ivoiriennes et béninoises, le colonel André Fofo Dokoui, commandant de l’opération « Mirador », a déploré le manque de coopération régionale. « Nous regrettons de ne pas être encore pleinement intégrés dans la coopération régionale », a-t-il déclaré.

Selon l’Indice mondial du terrorisme publié le 19 mars par l’Institute for Economics and Peace, 7 555 personnes ont perdu la vie dans des attentats terroristes à travers le monde en 2024, dont plus de la moitié au Sahel. En 2025, sur les 5 582 morts recensés, près de la moitié concernait le Sahel, malgré une baisse du nombre total de victimes. En mars, une attaque du JNIM à Kofouno, dans le nord-est du Bénin, a coûté la vie à 15 soldats et en a blessé cinq autres. Le nombre d’attaques dans le nord du pays est passé de 22 en 2021 à 176 en 2024.

Selon plusieurs observateurs, il apparaît important que Cotonou se recentre sur la coopération régionale, plutôt que sur un partenariat occidental jugé infructueux. La coopération militaire avec Paris accentuerait l’isolement régional du Bénin. Fin janvier, le Ghana a accueilli un sommet régional sur la sécurité sans inviter le Bénin ni la Côte d’Ivoire.

Dans ce contexte, certains observateurs estiment que le renforcement de la coopération régionale pourrait constituer un levier à explorer. D’autres soulignent les limites des partenariats actuels et s’interrogent sur leur efficacité face à l’évolution de la menace sécuritaire.

Enfin, la question de l’intégration du Bénin dans les dynamiques régionales de sécurité reste posée, notamment au regard des initiatives de coopération en cours en Afrique de l’Ouest. Un rapprochement accru avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel figure parmi les pistes évoquées dans le débat public.

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