Romane Bohringer César du meilleur espoir à 19 ans pour Les Nuits fauves
Romane Bohringer, 53 ans, reste l’une des figures marquantes du cinéma français depuis sa révélation dans Les Nuits fauves (1992), film de Cyril Collard qui a abordé frontalement le VIH et la bisexualité et a réuni plus de 2,8 millions de spectateurs ; quelques mois après sa sortie, la comédienne reçoit le César du meilleur espoir féminin à 19 ans. Son parcours couvre le cinéma, la télévision, le théâtre et la réalisation, avec des engagements publics sur des questions sociétales.
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Fille de l’acteur Richard Bohringer, Romane Bohringer débute à l’écran très jeune : elle apparaît dès l’âge de 13 ans dans Kamikaze, film dans lequel elle joue aux côtés de son père. Cet environnement familial et professionnel l’expose rapidement aux plateaux et aux ramifications artistiques du cinéma français.
En octobre 1992, elle incarne Laura dans Les Nuits fauves, adaptation du roman autobiographique de Cyril Collard. Le film suit le personnage de Jean, un artiste séropositif, et explore les thèmes du sida, de la bisexualité et des addictions. Plusieurs acteurs ayant refusé le rôle principal, Collard décide finalement de l’interpréter lui-même ; le film devient un phénomène public et culturel. À propos du scénario, Romane Bohringer a déclaré : « Quand j’ai lu le scénario de Cyril, j’ai d’abord eu peur. Mais simultanément, j’ai été envoûtée, amoureuse de cette histoire ». Elle a aussi estimé que le film « [était] représentatif de ma génération, les jeunes de 16-20 ans, avec leurs interrogations sur le fascisme renaissant, la guerre, le sida. »
Un parcours artistique pluriel entre cinéma, théâtre et réalisation
Quelques mois après la sortie, la comédienne reçoit plusieurs distinctions : en 1992 le prix Georges de Beauregard pour Les Nuits fauves, puis, en 1993, le César du meilleur espoir féminin. La cérémonie est marquée par la mort de Cyril Collard, décédé des suites du sida seulement trois jours avant la remise des César ; le film remporte par ailleurs les prix du meilleur film, de la meilleure première œuvre et du meilleur montage.
Romane Bohringer poursuit une carrière cinéma variée auprès de réalisateurs reconnus : elle travaille notamment avec Claude Miller dans L’Accompagnatrice, et apparaît dans des films tels que Mina Tannenbaum, Rimbaud Verlaine, L’Appartement et Nos enfants chéris. Parallèlement, elle développe une activité théâtrale soutenue, collaborant avec des metteurs en scène comme Peter Brook, Irina Brook et Pierre Pradinas, tout en multipliant les apparitions à la télévision.
À partir de 2018, Romane Bohringer élargit son champ artistique à la réalisation. Avec Philippe Rebbot, elle co-réalise L’Amour flou (2018), inspiré de leur séparation et de leur mode de vie familial partagé ; le projet donne lieu à une série diffusée en 2021. Son deuxième long métrage en tant que réalisatrice, Dites-lui que je l’aime, est sorti en 2025.
En dehors de ses activités artistiques, elle soutient des causes publiques : elle participe aux actions d’Urgence Homophobie et figure parmi les signataires d’une tribune contre la réforme des retraites en 2023. À 53 ans, Romane Bohringer continue d’alterner projets au cinéma, à la télévision et sur les planches.


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