RDC : Virginie Manganga emprisonnée après une émission sur Fally Ipupa

La chroniqueuse congolaise Virginie Manganga a été placée sous mandat d’arrêt provisoire et transférée à la prison de Makala après une émission consacrée à des accusations visant Fally Ipupa. Le CPJ réclame sa libération et relance le débat sur la responsabilité des journalistes.

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Fally Ipupa, portrait d’archive
Fally Ipupa en 2015. Photo d’archive : Ludovic Péron / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
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La journaliste et chroniqueuse congolaise Virginie Manganga a été placée sous mandat d’arrêt provisoire de 15 jours et transférée à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, après une émission consacrée à des accusations visant le chanteur Fally Ipupa. Poursuivie notamment pour diffamation et diffusion de fausses informations, elle est au cœur d’une affaire qui relance le débat sur la responsabilité des journalistes lorsqu’ils donnent la parole à des personnes mettant en cause une personnalité publique.

Virginie Manganga avait été interpellée le 20 septembre 2026 à la sortie des studios de la chaîne Antenne A, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Après un passage au Casier judiciaire et au parquet, elle a été présentée devant le Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe avant son transfert à Makala.

Une émission au cœur de la procédure

Le dossier remonte à une émission diffusée le 25 août sur YouTube. Virginie Manganga y recevait Collette Tuzaa, une Congolaise vivant en Australie, qui avait auparavant formulé sur les réseaux sociaux des accusations concernant une relation présumée avec Fally Ipupa et d’autres éléments relevant de la vie privée de l’artiste.

Au cours de cette émission de près de deux heures, la chroniqueuse a donné la parole à son invitée et commenté certains de ses propos. Les affirmations de Collette Tuzaa restent à ce stade des accusations et ne doivent pas être présentées comme des faits établis par la justice.

Les avocats de Fally Ipupa avaient annoncé le 8 septembre l’engagement de procédures judiciaires dans plusieurs pays contre Collette Tuzaa, mais aussi contre des personnes ayant relayé ses publications ou organisé des directs avec elle. Ils estiment que ces contenus portent atteinte à l’honneur et à la réputation de leur client.

Un élément demeure toutefois important dans la procédure visant Virginie Manganga. Eddy Badiata, directeur marketing de Fally Ipupa, a déclaré au CPJ que le chanteur n’était pas le plaignant à l’origine de l’arrestation de la journaliste et qu’il n’était pas intervenu pour obtenir sa détention.

Le CPJ réclame sa libération

Le Comité pour la protection des journalistes a demandé aux autorités congolaises de libérer immédiatement et sans condition Virginie Manganga. L’organisation appelle également la République démocratique du Congo à dépénaliser la diffamation, estimant que l’usage de sanctions pénales dans ce type de dossier accentue la pression sur les médias.

Selon le CPJ, la journaliste risque jusqu’à cinq ans de prison en cas de condamnation pour les faits qui lui sont reprochés. L’organisation rapproche son dossier de celui du journaliste Trésor Muntu, emprisonné quelques jours plus tôt après avoir partagé sur WhatsApp une publication initialement diffusée sur X et poursuivi lui aussi pour diffamation et publication de fausses nouvelles.

L’affaire pose ainsi une distinction centrale pour la suite de la procédure : déterminer ce qui relève des accusations formulées par l’invitée, ce qui relève des commentaires propres de la journaliste et les éléments précis susceptibles d’engager sa responsabilité pénale.

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