Rats, semaines non payées et patron alcoolisé : Pierre Sang, l’ancien finaliste de Top Chef, ferait vivre l’enfer à ses salariés
Neuf salariés et anciens salariés de Pierre Sang décrivent, dans une enquête de Mediapart, un climat de pression, des accusations de tromperie sur la marchandise et des manquements à l'hygiène dans les dix restaurants parisiens du chef, qui dément et évoque des rumeurs.
SOMMAIRE

Neuf salariés et anciens salariés de Pierre Sang, finaliste de Top Chef en 2011 et propriétaire de dix adresses parisiennes, décrivent un climat de travail dégradé dans ses établissements, selon une enquête de Mediapart publiée mardi 1er septembre 2026. Contacté par le média, le chef dément l’ensemble des accusations et évoque de simples « rumeurs » et « bruits de couloir ».
Selon les témoignages recueillis, Pierre Sang exigerait de ses équipes qu’elles envoient sur une messagerie commune des photos documentant chaque tâche accomplie — rangement, dressage, nettoyage —, sous peine de perdre leurs pourboires. Plusieurs employés évoquent aussi des semaines pouvant atteindre 70 heures et des heures supplémentaires non payées, ainsi que des humiliations verbales répétées.
D’après Mediapart, plusieurs salariés décrivent également un patron sujet à des colères soudaines, parfois sous l’emprise de l’alcool. Le service de communication du chef affirme de son côté disposer d’un logiciel de gestion rigoureux du temps de travail et revendique l’absence de toute procédure aux prud’hommes.
L’enquête met aussi en cause l’hygiène de certains établissements du groupe. Mediapart dit avoir consulté des photographies montrant la présence de nuisibles dans plusieurs cuisines, ainsi qu’un produit alimentaire dont la date de péremption était dépassée depuis février 2025. Le chef n’a pas répondu aux sollicitations du média sur ce point précis. Ses représentants assurent que les contrôles sanitaires, les trois derniers menés en 2025, ont tous été jugés « satisfaisants ».
Des accusations de tromperie sur la marchandise
Plusieurs salariés affirment par ailleurs que le chef leur aurait demandé de présenter comme de la volaille des Landes un poulet en réalité importé d’Espagne ou de Pologne, photo à l’appui selon Mediapart. Un plat signature à base de thon, présenté comme frais, serait quant à lui preparé à partir d’un produit surgelé livré en cubes. Les assiettes du restaurant sont facturées à partir de 52 euros.
Sollicité par Mediapart sur l’ensemble de ces éléments, Pierre Sang maintient sa position et rejette les accusations portées contre lui. L’enquête ne précise pas si une action en justice a été engagée par l’une ou l’autre des parties à ce stade.



Commentaires