RDC : le Front commun pour le Congo pose ses conditions avant tout dialogue national
Le FCC de Joseph Kabila pose ses conditions à un dialogue national proposé par Tshisekedi: médiation neutre, pays tiers, respect du mandat présidentiel jusqu'en 2028.

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Le Front commun pour le Congo (FCC), la plateforme politique de l’ancien président Joseph Kabila, a affirmé camper sur ses exigences avant de participer à un éventuel dialogue national, réclamant des « mesures de décrispation politique » de la part du président Félix Tshisekedi. Dans un entretien accordé à RFI à Paris, la porte-parole du parti, Marie-Ange Mushobekwa, a détaillé les conditions posées par sa formation : une médiation neutre conduite par l’Union africaine ou l’ONU, la tenue du dialogue dans un pays tiers pour des raisons de sécurité, et le respect de l’échéance du mandat présidentiel, fixée selon elle au 31 décembre 2028.
Le président Tshisekedi avait proposé, dans une adresse à la nation le 27 août 2026, un dialogue national inclusif excluant toutefois les mouvements armés combattant l’ordre constitutionnel, en particulier l’AFC/M23, ainsi que ceux occupant illégalement une partie du territoire ou agissant selon lui au service du Rwanda. Il a précisé qu’aucun participant ne serait exclu en raison de ses opinions, de son affiliation politique, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion, et que le processus de Doha resterait le cadre séparé pour les questions militaires.
Interrogée sur d’éventuels liens entre le FCC et l’AFC/M23, Marie-Ange Mushobekwa a démenti toute relation entre les deux entités, affirmant que Joseph Kabila n’a « jamais fait partie du M23 » et n’a pas pris les armes contre la République, une position que son cabinet a réitérée à plusieurs reprises.
Joseph Kabila a été condamné à mort par contumace le 30 septembre 2025 par la Haute Cour militaire de Kinshasa, pour haute trahison, crimes de guerre et participation à un mouvement insurrectionnel, l’accusation lui reprochant d’avoir supervisé la rébellion de l’AFC/M23 depuis l’est du pays. Jugé par défaut, il ne s’est jamais présenté aux audiences et vit en exil. Par ailleurs, la coalition d’opposition C64, qui réunit notamment Moïse Katumbi et Martin Fayulu, a elle aussi rejeté le 28 août la proposition de dialogue de Félix Tshisekedi et maintient une marche prévue le 15 septembre.
Une porte-parole elle-même partie à une procédure judiciaire
Marie-Ange Mushobekwa, qui réside à Kinshasa malgré les risques encourus par plusieurs cadres du FCC, a rappelé qu’elle avait publiquement accusé, en janvier 2026, un responsable de l’Agence nationale de renseignements (ANR) d’avoir fait séquestrer et torturer ses deux fils, âgés de 17 et 18 ans, en décembre 2025. Selon la presse congolaise, un procès pour cette affaire s’est ouvert en février 2026 devant la Cour militaire de Kinshasa, où des policiers accusés d’avoir exécuté les faits sur ordre du responsable de l’ANR ont depuis été condamnés, tandis que ce dernier a été acquitté, une décision que Mushobekwa a dénoncée.
Le procès pour la séquestration présumée des fils Mushobekwa s’était ouvert à Kinshasa sans la comparution du principal accusé, selon des médias congolais qui continuent de suivre cette procédure distincte du dossier politique du dialogue national.



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