Nigeria : un opérateur relance l’OML 18 dix ans après le départ des majors
Le Nigeria a commencé à exporter une nouvelle qualité de pétrole brut depuis l’OML 18 grâce au FSO Cawthorne, une unité flottante de stockage d’une capacité de 2,2 millions de barils. Soutenue notamment par la NNPC et Sahara Group, cette infrastructure illustre la montée en puissance des entreprises nationales dans un secteur longtemps dominé par les compagnies pétrolières internationales.

SOMMAIRE

Le secteur pétrolier nigérian poursuit sa recomposition au profit des opérateurs locaux. Plus de dix ans après le rachat des participations de Shell, TotalEnergies et Eni dans l’OML 18, les partenaires du bloc ont renforcé les infrastructures destinées au stockage et à l’exportation de sa production.
Cette nouvelle phase repose sur le FSO Cawthorne, une unité flottante de stockage et de déchargement positionnée au large de Bonny, dans le delta du Niger. D’une capacité de 2,2 millions de barils, le navire est conçu pour recevoir le pétrole produit sur l’OML 18, le stocker puis le transférer vers des tankers d’exportation.
Le dispositif a été développé par la Nigerian National Petroleum Company Limited, qui détient 55 % de l’OML 18, en partenariat avec Sahara Group, Eroton Exploration and Production et Bilton Energy. Il ne s’agit donc pas d’un projet porté exclusivement par Sahara, mais d’une infrastructure commune aux différents partenaires de l’actif.
Un premier chargement de 950 000 barils
Le FSO Cawthorne est entré dans sa phase commerciale avec le chargement d’une première cargaison de 950 000 barils de brut. Cette nouvelle qualité, baptisée « Cawthorne Blend », est décrite comme un pétrole léger et peu soufré, comparable au Bonny Light nigérian. La première cargaison était destinée au marché indien.
L’unité flottante constitue le premier nouveau terminal d’exportation de pétrole brut mis en service au Nigeria depuis environ cinquante ans. Elle doit faciliter l’évacuation de la production de l’OML 18 et des actifs voisins, tout en réduisant la dépendance aux oléoducs terrestres.
Cette dépendance représentait une difficulté majeure pour les opérateurs du delta du Niger. Les pipelines de la région sont régulièrement affectés par les vols de pétrole, les actes de vandalisme et les interruptions d’exploitation. Le recours à une unité flottante doit sécuriser une partie du transport du brut et limiter les contraintes liées aux barges et aux transferts entre navires.
Le projet doit également soutenir l’augmentation de la production de l’OML 18. Sahara Group estime que le bloc pourrait atteindre une production de 45 000 à 50 000 barils par jour, contre environ 11 000 barils par jour indiqués sur la présentation actuelle de l’actif.
L’OML 18 couvre une superficie de 1 035 kilomètres carrés dans la partie orientale du delta du Niger. Le bloc comprend plusieurs champs pétroliers et gaziers, dont Cawthorne Channel, Buguma Creek, Alakiri et Krakama. Sa production commerciale remonte à 1970.
En 2015, Shell avait cédé sa participation de 30 % dans l’actif à Eroton Exploration and Production. TotalEnergies et Nigerian Agip Oil Company avaient simultanément vendu leurs parts respectives de 10 % et 5 %, portant à 45 % la participation transférée au consortium d’opérateurs privés. La transaction globale était évaluée à environ 1,1 milliard de dollars.
Cette cession s’inscrivait dans le retrait progressif des grandes compagnies internationales des actifs pétroliers terrestres du Nigeria. Plusieurs majors ont depuis recentré leurs investissements sur les projets offshore, tandis que des entreprises nigérianes ont repris l’exploitation de champs matures situés dans le delta du Niger.
La mise en service du FSO Cawthorne marque ainsi une nouvelle étape dans la gestion locale de ces actifs. Elle permet aux partenaires de l’OML 18 de disposer d’une infrastructure d’exportation plus directe, après plusieurs années marquées par des difficultés de production, de transport et de sécurisation des installations.


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