Nigeria : Dangote passe son pétrole au dollar et met le marché régional sous pression
La raffinerie Dangote a commencé à libeller en dollars les prix de ses produits destinés au marché nigérian. En cause : l’insuffisance de brut obtenu dans le cadre du mécanisme « naira contre brut », qui oblige le groupe à importer une partie de ses approvisionnements. Une évolution à suivre de près dans toute l’Afrique de l’Ouest.

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La raffinerie Dangote ne fixe plus ses prix de sortie en nairas, mais en dollars. L’information, rapportée le 14 juillet par Reuters, marque un nouvel épisode dans les difficultés d’approvisionnement en pétrole brut de l’un des plus grands projets industriels du continent.
Selon un porte-parole du groupe cité par l’agence, la décision résulte d’un déséquilibre devenu difficile à soutenir : la raffinerie vendait localement ses carburants en monnaie nigériane alors qu’une partie croissante de son pétrole brut est achetée au prix international, en dollars.
Le dispositif nigérian « naira contre brut », lancé en octobre 2024, devait justement permettre aux raffineurs locaux d’acquérir du brut en monnaie nationale. Mais les volumes attribués à Dangote restent en dessous de ses besoins. Reuters indique que la raffinerie a reçu sept cargaisons en mai, alors qu’elle estime en nécessiter entre treize et quinze chaque mois pour fonctionner au niveau attendu.
Des prix désormais indexés sur le dollar
La nouvelle grille communiquée aux distributeurs affiche notamment l’essence à 0,779 dollar le litre, le diesel à 1,087 dollar et le carburant aviation à 0,942 dollar. Ces tarifs devront ensuite être convertis en nairas dans la chaîne de distribution.
Cette indexation expose davantage le prix final du carburant aux variations du taux de change. Elle risque aussi d’accroître les besoins de devises des distributeurs nigérians, dans une économie où la disponibilité du dollar demeure un enjeu majeur.
Pour le Nigeria, le paradoxe est frappant. Le pays est l’un des principaux producteurs de pétrole d’Afrique et abrite une raffinerie présentée comme la plus grande du continent. Pourtant, Dangote doit encore compléter ses achats de brut par des importations, faute d’allocations locales suffisantes.
L’évolution est également à surveiller au Bénin et dans la sous-région. Les mouvements de prix et les tensions de change au Nigeria peuvent rapidement peser sur les circuits régionaux de produits pétroliers et sur les anticipations des opérateurs. À ce stade, aucune mesure officielle n’a été annoncée au Bénin en lien avec la décision de la raffinerie.



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