Ghana : John Dramani Mahama explore le paiement en cedis du brut livré aux raffineries locales

Le président ghanéen John Dramani Mahama a demandé au ministère de l’Énergie d’examiner une modification des règles imposant aux raffineries locales de payer en dollars le pétrole brut produit dans le pays. L’objectif est de réduire leur exposition au risque de change et la pression exercée sur les réserves nationales en devises.

ECONOMIE
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John Dramane Mahama
John Dramani Mahama Photo PSI
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Le Ghana envisage de revoir les modalités de paiement du pétrole brut destiné à ses raffineries. Le président John Dramani Mahama a chargé le ministre de l’Énergie et de la Transition verte, John Abdulai Jinapor, d’étudier la possibilité d’autoriser le règlement de ces achats en cedis.

Selon les informations rapportées par Graphic Online, les raffineries locales doivent actuellement mobiliser des dollars pour acquérir du pétrole brut, y compris lorsqu’il est produit au Ghana. Elles commercialisent pourtant une grande partie des carburants issus de cette transformation sur le marché intérieur et perçoivent leurs recettes en monnaie nationale.

Cette différence entre la monnaie d’achat du brut et celle des ventes expose les raffineries aux fluctuations du taux de change. Une dépréciation du cedi augmente le montant nécessaire pour se procurer les dollars servant au paiement des cargaisons et peut renchérir les coûts de raffinage.

Le mécanisme contribue également à accroître la demande de devises sur le marché ghanéen. Le gouvernement souhaite donc déterminer si les transactions portant sur le brut local peuvent être réglées directement en cedis, tout en maintenant une rémunération conforme à la valeur internationale du pétrole.

Réduire le risque de change des raffineries

La réforme envisagée permettrait de mieux aligner les revenus et les dépenses des entreprises de raffinage. Une raffinerie vendant ses produits en cedis ne serait plus obligée de convertir systématiquement ses recettes en dollars avant de payer ses fournisseurs de pétrole brut.

Ce changement pourrait limiter les pertes liées aux variations du taux de change et améliorer la prévisibilité financière des opérations. Il ne supprimerait toutefois pas nécessairement toute référence au dollar, le prix du pétrole restant généralement déterminé sur les marchés internationaux.

Les autorités doivent encore définir le taux de conversion applicable, les modalités de règlement des producteurs et le traitement des recettes pétrolières normalement perçues en devises. Le cadre juridique précis appelé à être modifié n’a pas encore été rendu public.

La demande présidentielle intervient alors que le Ghana cherche à renforcer la transformation locale de ses hydrocarbures. En juillet 2026, le gouvernement a affecté un million de barils de pétrole du champ Jubilee aux raffineries nationales dans le but de réduire les exportations de brut et de conserver davantage de valeur dans l’économie.

La Tema Oil Refinery a notamment reçu une cargaison d’un million de barils de brut Jubilee le 15 juillet. Cette livraison s’inscrit dans la relance de la raffinerie publique et dans la stratégie visant à réduire la dépendance du pays aux importations de carburants.

Le gouvernement entend également soutenir les raffineries privées. Le ministre John Jinapor a présenté la transformation locale du pétrole comme un élément central de la politique d’industrialisation et de sécurité énergétique du pays.

Le paiement en cedis prolongerait cette orientation en facilitant l’accès des raffineries nationales au brut produit sur le territoire. Il pourrait aussi réduire une partie de la demande de dollars générée par le secteur pétrolier.

La mesure reste cependant au stade de l’examen. Le ministère de l’Énergie devra étudier ses implications juridiques, monétaires et commerciales avant qu’une éventuelle modification de la réglementation ne soit soumise au gouvernement.

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