Nigeria : l’APC confirme sa domination à Ekiti et dans la capitale fédérale
Le parti au pouvoir All Progressives Congress (APC) a décroché une victoire écrasante samedi dans l’État d’Ekiti, dans le sud-ouest du Nigeria, son candidat Biodun Oyebanji ayant été déclaré vainqueur de l’élection gouvernatoriale par l’INEC tôt dimanche matin, avec 319 224 voix contre 40 543 pour le Peoples Democratic Party (PDP) et 12 872 pour l’African Democratic Congress (ADC), sur un total de 375 777 votes valides.

SOMMAIRE

L’All Progressives Congress du président Bola Tinubu a renforcé son ancrage électoral dans plusieurs scrutins hors-cycle organisés entre novembre 2025 et juin 2026 au Nigeria. Après sa domination dans les conseils de district de la capitale fédérale et sa large victoire à Ekiti, le parti au pouvoir regarde désormais vers Osun, prochain test politique majeur face au PDP avant les élections générales de 2027.
Depuis novembre 2025, le Nigeria a organisé trois scrutins hors-cycle sous l’autorité de la Commission électorale indépendante (INEC) : l’élection gouvernatoriale d’Anambra en novembre, les élections des conseils de district de la capitale fédérale en février 2026, et l’élection gouvernatoriale d’Ekiti samedi. Le parti au pouvoir, l’APC du président Bola Tinubu, y a consolidé son ancrage territorial, à l’exception de l’Anambra où l’APGA gouverne depuis dix-neuf ans.
La professeure Adenike Oladiji, vice-chancelière de l’Université fédérale de technologie d’Akure désignée officier rapporteur, a proclamé les résultats à 3h13 du matin au siège de l’INEC à Ado-Ekiti, la capitale de l’État. Oyebanji a remporté les 16 circonscriptions locales (local government areas, LGA) de l’État, sa plus large marge étant enregistrée à Ado-Ekiti (38 026 voix contre 3 817 pour le PDP) et la plus serrée à Ikere LGA (1 224 voix d’écart).
En remportant un second mandat, Oyebanji devient le premier gouverneur à être réélu dans l’État d’Ekiti depuis la création de ce dernier en 1996 et l’élection de son premier gouverneur Adeniyi Adebayo en 1999 – tous ses prédécesseurs ayant été limités à un seul mandat.
Un scrutin globalement pacifique, des allégations d’achat de votes non prouvées
Le scrutin du 20 juin, qui opposait 14 candidats issus de 14 partis politiques différents pour un corps électoral de 1 028 929 inscrits ayant retiré leur carte d’électeur, a été qualifié de « pacifique » par l’INEC et les observateurs déployés sur le terrain, dont une délégation du gouvernement britannique.
L’organisation de surveillance électorale Yiaga Africa a toutefois relevé des « incohérences dans certains matériels électoraux » et des incidents d’achat de votes signalés dans plusieurs zones. Le candidat de l’Accord Party, Opeyemi Falegan, et celui de l’ADC, Dare Bejide, ont formulé des allégations d’irrégularités, que le gouverneur Oyebanji a rejetées en demandant aux plaignants de produire des preuves. Le commissaire de police en charge de la sécurité électorale, Abayomi Shogunle, a indiqué qu’aucun cas d’achat de votes n’avait été officiellement signalé aux forces de l’ordre. L’INEC a mis en ligne 90 % des résultats par bureau de vote sur son portail IReV avant la déclaration finale.
Anambra : Soludo reconduit avec 72 % des voix en novembre 2025
Le cycle électoral hors-saison avait débuté le 8 novembre 2025 par l’élection gouvernatoriale dans l’État d’Anambra, dans le sud-est du Nigeria. Le gouverneur sortant Chukwuma Soludo, candidat de l’All Progressives Grand Alliance (APGA), y a été réélu avec 422 664 voix, soit 72,4 % des suffrages exprimés sur un total de 584 054 votes collationnés, devançant largement Nicholas Ukachukwu, candidat de l’APC, qui a recueilli 99 445 voix. Le Young Progressives Party (YPP) est arrivé troisième avec 37 753 voix et le Labour Party quatrième avec 10 576 voix.
Soludo, ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, a remporté les 21 LGA de l’État. Sa victoire a confirmé l’emprise de l’APGA sur Anambra, parti régionaliste qui gouverne l’État sans discontinuer depuis 2006. La résistance de l’APGA au rouleau compresseur de l’APC dans cette zone constitue l’une des singularités du paysage électoral nigérian : l’État du sud-est reste le seul grand État à échapper durablement aux deux principales formations nationales.
Le scrutin a été émaillé d’allégations d’achat de votes formulées par le candidat APC et par le gouverneur Soludo lui-même, chacun mettant en cause l’autre camp. Un conseiller municipal a été tué par balles lors de la journée de vote dans la LGA d’Orumba South, selon le gouverneur.
FCT : l’APC remporte cinq des six conseils de district d’Abuja en février 2026
Le 21 février 2026, les élections des présidents des six Area Councils de la capitale fédérale (FCT) ont confirmé la domination de l’APC dans la région d’Abuja. Le parti au pouvoir a remporté cinq des six sièges de président de conseil – Abuja Municipal Area Council (AMAC), Abaji, Bwari, Kwali et Kuje – tandis que le PDP s’imposait dans la seule circonscription de Gwagwalada, où son candidat Mohammed Kasim a recueilli 22 165 voix contre 17 788 pour l’APC.
À l’AMAC, la plus peuplée des six circonscriptions avec 837 338 électeurs inscrits, Christopher Maikalangu de l’APC a été réélu avec 40 295 voix sur 62 861 votes valides, l’ADC arrivant deuxième avec 12 109 voix. Le taux de participation a été faible dans plusieurs bureaux de vote, conformément à la tendance observée lors des scrutins locaux nigérians hors-saison.
L’organisation Yiaga Africa a déployé des observateurs dans les 62 wards du FCT et a relevé des problèmes logistiques ainsi que des cas isolés d’achat de votes, tout en saluant la conduite globalement pacifique du scrutin. Le ministre du FCT, Nyesom Wike, lui-même issu du PDP mais allié du président Tinubu, a salué les résultats et estimé qu’ils « exposaient les démocrates d’urgence ».
Osun en ligne de mire pour la prochaine étape
L’INEC a inscrit l’élection gouvernatoriale de l’État d’Osun, dans le sud-ouest du Nigeria, à son calendrier 2026, sans qu’une date précise ait été arrêtée au moment de la rédaction de cette dépêche. L’Osun avait été remporté en 2022 par le PDP et son candidat Ademola Adeleke dans un scrutin contesté, avant que le Tribunal électoral puis la Cour d’appel n’aient confirmé sa victoire. L’élection de 2026 constituera un test majeur entre l’APC et le PDP dans la région, à moins d’un an des élections générales de 2027.
Ces scrutins hors-saison ne constituent pas des indicateurs directs de la popularité nationale des partis : les dynamiques locales, le taux de participation et les figures individuelles des candidats pèsent fortement sur les résultats. Le président de l’INEC, le professeur Mahmood Yakubu, a indiqué lors d’une réunion trimestrielle avec ses commissaires résidents que la Commission prépare par ailleurs un mock election (élection simulée) destiné à tester ses systèmes avant les élections générales prévues en 2027.



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