Maroc : l’absence d’Aziz Akhannouch pendant la crise migratoire de Ceuta suscite la polémique
Le déplacement privé du chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, au moment où Ceuta faisait face à des arrivées migratoires sans précédent alimente les critiques au Maroc. Plusieurs médias affirment qu’il a écourté son séjour à Majorque, mais les circonstances exactes de son retour et une éventuelle intervention du roi Mohammed VI n’ont pas été confirmées par une communication officielle.

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La gestion marocaine de la crise migratoire survenue à Ceuta fait l’objet d’un débat politique et médiatique. Au centre des critiques figure l’absence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, qui aurait quitté le Maroc pour un séjour privé dans l’archipel espagnol des Baléares alors que des dizaines de milliers de personnes tentaient de rejoindre l’enclave espagnole.
Selon les informations attribuées au quotidien espagnol El Confidencial, Aziz Akhannouch s’était rendu à Majorque à bord d’un avion privé, accompagné de membres de sa famille et de proches. Son départ serait intervenu peu après sa participation à la cérémonie d’allégeance organisée à Tétouan dans le cadre de la Fête du Trône.
Le chef du gouvernement serait revenu à Casablanca dans la nuit du 2 au 3 août 2026, moins de 48 heures après son départ. Certains récits de presse affirment qu’il aurait écourté ses vacances à la demande du roi Mohammed VI. Cette information n’a toutefois été confirmée ni par le cabinet royal ni par les services du chef du gouvernement.
Des estimations divergentes sur le nombre de passages
La crise s’est déroulée principalement entre le 27 et le 30 juillet. Les estimations varient fortement selon les autorités. L’Espagne a évoqué jusqu’à 72 000 entrées, tandis que le Maroc a avancé un chiffre proche de 40 000. Environ 69 500 personnes seraient ensuite retournées au Maroc, selon les autorités espagnoles.
Les passages se sont effectués par différents points de la frontière terrestre et maritime, une partie des migrants ayant tenté de rejoindre Ceuta à la nage. Les services d’accueil, les hôpitaux et les forces de sécurité de l’enclave ont rapidement été débordés. Plusieurs dizaines de décès ont été recensés sur les deux rives, mais les bilans communiqués restent également variables.
La mobilisation aurait été favorisée par des informations trompeuses diffusées sur les réseaux sociaux. Des messages laissaient entendre qu’une récente décision judiciaire espagnole empêchait toute reconduite immédiate des personnes arrivant par voie maritime et que la frontière était, de fait, ouverte.
Les autorités marocaines ont attribué l’afflux aux réseaux de trafic de migrants et à la mauvaise interprétation de cette décision. Elles ont rejeté les accusations selon lesquelles les forces de sécurité auraient volontairement laissé la frontière sans contrôle. Ces accusations ne sont, à ce stade, étayées par aucune preuve publique indépendante.
Une réaction gouvernementale jugée tardive
Au Maroc, les critiques ont également porté sur la communication des autorités. Pendant les premières journées de la crise, aucune prise de parole détaillée du chef du gouvernement n’a été enregistrée sur la situation à Ceuta.
Après son retour présumé, Aziz Akhannouch n’a pas publiquement commenté les traversées, les décès ou les recherches de personnes portées disparues. Ses communications sur les réseaux sociaux ont notamment porté sur l’évolution du chômage et d’autres sujets économiques.
Le ministère marocain de l’Intérieur a ensuite présenté la position du Royaume. Rabat a affirmé avoir mobilisé d’importants moyens humains pour contrôler les frontières et soutenu que les autorités espagnoles auraient dû anticiper les conséquences de la décision limitant les reconduites immédiates.
Le gouvernement marocain a également assuré avoir prévenu l’Espagne de l’existence de risques migratoires. Madrid a contesté avoir reçu une alerte précise permettant d’anticiper une mobilisation de cette ampleur.
La controverse autour des vacances d’Aziz Akhannouch dépasse ainsi la seule question de son déplacement privé. Elle porte sur la continuité de l’action gouvernementale, la rapidité de la réponse publique et la responsabilité politique de l’exécutif pendant une crise ayant entraîné un lourd bilan humain.


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