Bénin : voici les raisons du transfert d’Olivier Boko, loin des soupçons d’« évasion sanitaire »
L’homme d’affaires béninois Olivier Boko, condamné à vingt ans de réclusion criminelle dans une affaire d’atteinte à la sûreté de l’État, a été transféré jeudi de la maison d’arrêt de Missérété à la prison civile de Cotonou. Selon une source proche du dossier, ce déplacement relèverait d’une décision administrative motivée par des raisons médicales, afin de faciliter son suivi sanitaire dans la capitale économique.

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L’homme d’affaires béninois Olivier Boko, condamné à vingt ans de réclusion criminelle par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) le 30 janvier 2025, a été transféré le jeudi 7 mai 2026 de la maison d’arrêt de Missérété, dans le département de l’Ouémé, vers la prison civile de Cotonou, selon des informations révélées par Bip Radio. Ce transfèrement, intervenu sans communication officielle de l’administration pénitentiaire ni du ministère de la Justice, a suscité des spéculations dans l’opinion publique béninoise, certains évoquant une prétendue « évasion sanitaire » vers un établissement de soins.
Ces allégations sont inexactes selon une source citée par Le Béninois Libéré. Le déplacement résulterait d’une décision administrative prise par la commission compétente en charge de la gestion des détenus, dans le cadre d’un rapprochement sanitaire permettant à Olivier Boko de bénéficier d’un suivi médical plus adapté auprès de structures situées à Cotonou. L’état de santé exact de l’intéressé n’a pas été précisé. Aucune communication officielle supplémentaire n’avait été publiée au 11 mai 2026.
Olivier Boko avait été arrêté dans la nuit du 23 au 24 septembre 2024 par des éléments de la Brigade anti-criminalité, à bord de son véhicule à Cotonou. Inculpé dès le 1er octobre 2024 devant la CRIET pour atteinte à la sûreté de l’État, complot, blanchiment de capitaux et corruption d’agent public, il avait été reconnu coupable à l’issue de six jours d’audience le 30 janvier 2025, en compagnie de l’ancien ministre des Sports Oswald Homéky et de Rock Niéri, beau-frère d’Olivier Boko toujours en fuite. Les trois hommes ont été condamnés à vingt ans de réclusion criminelle chacun, au versement solidaire de 60 milliards de francs CFA de dommages et intérêts à l’État béninois, et à une amende individuelle de 4,5 milliards de francs CFA chacun.
Olivier Boko et Oswald Homéky avaient renoncé à interjeter appel, le délai légal de quinze jours expirant le 14 février 2025 sans qu’ils aient saisi la chambre des appels de la CRIET. La condamnation est donc définitive. Rock Niéri n’a pas été arrêté à ce jour.
Une figure du régime Talon avant sa chute
Avant ses démêlés judiciaires, Olivier Boko était considéré comme l’un des proches les plus influents du président Patrice Talon, avec lequel il entretenait des liens anciens dans les milieux d’affaires. Il avait été présenté par une partie de la presse béninoise comme une figure centrale dans les cercles du pouvoir sous le régime de la Rupture, bien qu’il n’ait jamais exercé de fonctions officielles dans le gouvernement. Sa mise en cause dans une affaire de complot contre l’autorité de l’État avait constitué l’un des retournements politiques les plus inattendus de la vie publique béninoise ces dernières années.
La maison d’arrêt de Missérété, où il était incarcéré depuis l’ouverture de la procédure judiciaire, est un établissement pénitentiaire situé à une trentaine de kilomètres au nord de Cotonou dans le département de l’Ouémé. La prison civile de Cotonou constitue l’établissement le plus proche de la capitale économique et des principaux hôpitaux de référence du pays.


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