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Financement libyen : Nicolas Sarkozy face à de lourdes réquisitions du parquet général

Deux mois après l’ouverture du procès en appel, les trois avocats généraux ont pris la parole lundi devant la cour d’appel de Paris. L’ancien président, condamné à cinq ans de prison ferme en première instance, a déjà purgé trois semaines à la Santé.

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Nicolas Sarkozy quittant son domicile le 21 octobre 2025 à Paris, pour se rendre en prison afin de purger une peine pour association de malfaiteurs • THIBAULT CAMUS / AP / SIPA
Nicolas Sarkozy quittant son domicile le 21 octobre 2025 à Paris, pour se rendre en prison afin de purger une peine pour association de malfaiteurs • THIBAULT CAMUS / AP / SIPA
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Les trois avocats généraux chargés du dossier du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy ont ouvert leurs réquisitions lundi 11 mai 2026 à partir de 13h30 devant la cour d’appel de Paris. Les peines seront requises à l’issue de deux jours et demi de plaidoiries, le mercredi 13 mai. Le procès en appel, ouvert le 16 mars, se poursuit jusqu’au 3 juin 2026. Nicolas Sarkozy, 71 ans, est présumé innocent.

Les trois avocats généraux, Damien Brunet, Rodolphe Juy-Birmann et Sophie Meynard, s’adressent à la cour selon un séquençage choisi. L’association de malfaiteurs d’abord, puis les faits de corruption reprochés à plusieurs prévenus, et enfin le financement illégal de campagne. Dix prévenus sont rejugés dans ce dossier. En première instance, le parquet national financier avait requis contre Sarkozy une peine de sept ans de prison, 300 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité en le décrivant comme « un homme porté par une ambition personnelle dévorante ». Il avait finalement été condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs uniquement et reconnu non coupable sur les trois autres chefs, corruption, recel de détournement de fonds publics et financement illégal de campagne. La peine avait été assortie d’un mandat de dépôt à exécution provisoire où Sarkozy avait passé vingt jours à la prison de la Santé à Paris avant d’être libéré sous contrôle judiciaire dans l’attente du procès en appel.

Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir noué, avec ses anciens collaborateurs Brice Hortefeux et Claude Guéant, un « pacte de corruption » avec le régime libyen de Mouammar Kadhafi. Des fonds occultes auraient été acheminés pour financer sa campagne de 2007, via les comptes du défunt intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine, en échange de contreparties accordées à Tripoli. La principale contrepartie identifiée par l’accusation est l’examen favorable de la situation pénale d’Abdallah Senoussi, ancien chef des services de renseignement libyens condamné par défaut à la perpétuité en France pour avoir commandité l’attentat du DC-10 d’UTA en 1989, qui avait fait 170 morts dont 54 Français.

Au cours des deux mois d’audience en appel, Nicolas Sarkozy a plaidé son innocence et mis en cause son ancien secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant, une stratégie qui a fragilisé les relations entre les deux coïnculpés. Claude Guéant, 81 ans, condamné à six ans d’emprisonnement en première instance, a riposté en adressant deux courriers à la cour, dans lesquels il contredit l’ancien chef de l’État et rapporte un épisode lors d’un dîner à Tripoli en juillet 2007. Il décrit Sarkozy lui intimant : « Claude, voyez cela », après que Kadhafi lui aurait exprimé sa préoccupation au sujet de Senoussi. Guéant a cependant précisé qu’aucune démarche effective n’avait ensuite été entreprise pour gracier ou amnistier l’intéressé.

Une accusation jugée moins incisive qu’en première instance

Lors de ce procès en appel, l’accusation a été décrite par plusieurs observateurs comme moins agressive dans ses interventions que lors du premier procès. Ce qui alimente les interrogations sur la ligne qu’adoptera le parquet général dans ses réquisitions : confirmera-t-il les quatre chefs d’accusation de la première instance, ou infléchira-t-il sa position ? La réponse sera connue mercredi 13 mai.

Sarkozy est le premier ancien président de la République française à avoir été incarcéré dans l’histoire de la Ve République. Sa condamnation dans ce dossier s’ajoute à d’autres procédures judiciaires dans lesquelles il a déjà été définitivement condamné. Le verdict de la cour d’appel dans l’affaire libyenne est attendu avant la clôture du procès, prévue pour le 3 juin 2026.

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