Mali : à l’ouverture de son procès, Ras Bath rejette les accusations d’atteinte aux institutions
Le chroniqueur Youssouf Bathily, connu sous le nom de Ras Bath, et l’activiste surnommée Rose comparaissent depuis le 10 août devant la cour d’appel de Bamako. Ils contestent les accusations d’association de malfaiteurs et d’atteinte au crédit de l’État, de ses institutions et de ses gouvernants.

SOMMAIRE

La première audience a principalement porté sur des enregistrements audio présentés par l’accusation comme des éléments de preuve. Détenu provisoirement depuis près de trois ans, Ras Bath a rejeté les faits qui lui sont reprochés.
À la barre, le président du tribunal a demandé au chroniqueur s’il reconnaissait les accusations d’association de malfaiteurs et d’atteinte au crédit de l’État. « Non », a répondu Youssouf Bathily, resté silencieux et ferme tout au long de cette première journée d’audience.
Le chroniqueur, qui intervient sur une radio-télévision privée malienne, est détenu depuis environ trois ans dans le cadre de cette procédure. À ses côtés comparaît une activiste connue sous le surnom de Rose, régulièrement présentée comme une militante contre la vie chère.
Des messages dénonçant la hausse des prix
À l’audience, Rose a expliqué que ses publications et prises de parole sur les réseaux sociaux visaient à alerter les autorités sur l’augmentation du coût des produits de première nécessité. Elle a déclaré ne pas avoir cherché à déstabiliser les institutions, mais seulement à attirer l’attention sur les difficultés économiques rencontrées par la population.
L’accusation s’appuie notamment sur les liens entre les deux prévenus. Ras Bath avait invité Rose à deux reprises dans ses émissions par le passé. Pour les autorités judiciaires, ces échanges pourraient constituer des indices d’une entente visant à s’en prendre aux institutions de la République. Cette thèse est contestée par la défense.
Les avocats des prévenus ont demandé le retrait des enregistrements audio du dossier, estimant que leur utilisation dans la procédure n’était pas régulière. La cour devra se prononcer sur cette contestation dans la suite des débats.
À la sortie de l’audience, des partisans du chroniqueur l’ont porté en triomphe dans la cour du tribunal en scandant « Libérez Ras Bath ». Le chroniqueur, le poing levé, les a remerciés. Les débats doivent reprendre le 12 août.


Commentaires