Libye: un accord signé sous l’égide de l’ONU pour tenter de débloquer les élections nationales

Signé dimanche à Tripoli au siège de l'Unsmil, cet accord fixe un délai de vingt-quatre mois pour organiser la présidentielle et les législatives. Un analyste y voit un « pas en avant » prudent, quinze ans après la chute de Kadhafi.

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Des représentants des principales factions rivales libyennes ont signé dimanche 30 août 2026 à Tripoli, au siège de la mission de l’ONU en Libye (Unsmil), un accord destiné à relancer le processus électoral dans un pays divisé depuis le renversement de Mouammar Kadhafi il y a quinze ans. Le texte prévoit la tenue d’élections présidentielle et législatives dans un délai maximal de vingt-quatre mois.

Signé en présence de la cheffe de la mission de l’ONU, Hanna Tetteh, l’accord porte sur deux étapes clés de la feuille de route politique : la reconstitution de la Commission électorale nationale et la résolution des différends sur le cadre constitutionnel et juridique devant encadrer le scrutin. « Cette signature représente une étape importante vers la sortie de l’impasse politique et institutionnelle », a déclaré Mme Tetteh.

Ce texte est le fruit de discussions menées ces derniers mois à Rome puis à Tunis entre représentants des principales institutions et forces politiques rivales. Il est distinct de l’initiative diplomatique parallèle menée par Massad Boulos, conseiller du président américain Donald Trump, qui pousse de son côté à un rapprochement entre les autorités de l’Est et de l’Ouest libyennes.

La Libye reste coupée en deux depuis 2011, entre un gouvernement reconnu par la communauté internationale à Tripoli et une administration orientale soutenue par le maréchal Khalifa Haftar.

Un accord « plus prudent » que les précédents

Interrogé par RFI, Jalel Harchaoui, analyste affilié au Royal United Services Institute de Londres, juge ce texte modeste mais qualifie sa signature de « pas en avant » dans la bonne direction. « C’est une sorte de version plus prudente, mieux corrigée, mieux réfléchie, qui essaie de se souvenir des écueils de 2021 », explique-t-il, rappelant les tentatives avortées de 2018 et 2021, lorsque la France notamment avait cherché à promouvoir la tenue d’élections.

Les deux législatures rivales sous surveillance

Pour l’analyste, l’échec des précédentes tentatives tient largement au rôle des deux législatures rivales du pays — la Chambre des représentants à Benghazi et le Haut Conseil d’État à Tripoli — qui ont eu pour réflexe de freiner, retarder ou saboter le processus. L’ONU s’est prémunie de ce scénario en se réservant le droit de porter directement l’accord signé dimanche devant le Conseil de sécurité, pour le faire adopter comme une résolution contraignante même si les deux chambres tentaient de le saboter.

C’est, selon Jalel Harchaoui, le caractère le plus pragmatique de ce qui a été accompli dimanche à Tripoli.

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