Guerre au Soudan: les frappes de drones, première cause de mortalité civile
Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, Rosemary DiCarlo a annoncé qu'environ 1 400 civils ont été tués au premier semestre 2026, dont près de 80% par des frappes de drones. Le Kordofan et le Darfour restent les régions les plus touchées.
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Les frappes de drones sont devenues la principale cause de mortalité civile au Soudan. Selon Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe de l’ONU aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, environ 1 400 civils ont été tués au premier semestre 2026, dont près de 80 % par des frappes de drones. Elle s’exprimait lundi 24 août devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
En pleine saison des pluies, la guerre qui oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR) continue de faire de nombreuses victimes parmi les civils. Le recours croissant aux drones par les deux camps a profondément modifié la physionomie du conflit, selon l’ONG Acled, qui recense les violences armées dans le monde.
Le Kordofan du Nord, au sud de Khartoum, est l’une des régions les plus touchées. La ville assiégée d’El Obeid subit des frappes répétées qui, selon plusieurs organisations humanitaires dont le Conseil norvégien pour les réfugiés et Médecins sans frontières, aggravent une crise marquée par la faim et des déplacements massifs de population dans la région.
La zone de Tine, dans le Darfour du Nord, frontalière avec le Tchad, n’est pas épargnée non plus. N’Djamena affirme avoir lui-même essuyé une frappe la semaine dernière, qu’il attribue à l’armée soudanaise.
Un embargo sur les armes jugé inopérant
Selon Acled, la transformation du conflit en guerre de drones illustre l’inefficacité de l’embargo international sur les armes qui vise le Soudan depuis 2004. Les États-Unis ont récemment proposé, au Conseil de sécurité, d’étendre cet embargo à l’ensemble du territoire soudanais, actuellement limité au Darfour.
Le soutien émirati aux FSR pointé du doigt
Plusieurs enquêtes, dont celles relayées ces derniers mois par l’agence panafricaine AllAfrica, font état d’une intensification du soutien militaire des Émirats arabes unis aux Forces de soutien rapide, acheminé notamment via la Libye et le Tchad voisins. Abou Dhabi dément officiellement financer ou armer les FSR, accusées par ailleurs de graves exactions contre des civils lors de la prise de la ville d’El-Fasher.
Sur les six premiers mois de l’année, les Nations unies estiment ainsi que les drones sont désormais responsables de plus de huit victimes civiles sur dix recensées au Soudan.


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