Libye : après plus d’une décennie de divisions, ce qu’une réunification peut changer pour l’économie
Les factions rivales libyennes ont signé dimanche à Tripoli un accord pour restructurer la Haute Commission électorale nationale, sous l'égide de l'ONU. Cette avancée politique intervient alors qu'un premier accord budgétaire unifié, soutenu depuis avril par dix pays, tente déjà de rapprocher les circuits économiques de l'Est et de l'Ouest.

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Les principales institutions rivales libyennes ont signé, dimanche 30 août 2026 à Tripoli, un accord destiné à restructurer la Haute Commission électorale nationale, sous l’égide de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul). Négocié selon un format « 4+4 », associant deux représentants de chacune des quatre institutions concernées — gouvernement d’union nationale, Haut Conseil d’État, Chambre des représentants et Armée nationale libyenne —, ce texte relance un processus électoral au point mort depuis l’échec du scrutin de décembre 2021.
Selon Walid Ellafi, ministre d’État chargé des Affaires politiques, les élections présidentielle et législatives devront désormais être organisées « dans un délai ne dépassant pas 24 mois ». Le général Shibani Abu Hamoud a précisé qu’un comité serait chargé d’élaborer, dans le mois à venir, un mécanisme de suivi de la mise en œuvre de l’accord.
Pour Moussa al-Koni, vice-président du Conseil présidentiel installé à l’Ouest, cet accord constitue « une opportunité qui fera passer la Libye de la gestion de la division à sa fin ». Côté Est, le représentant Abdul Rahman Al-Abbar y voit « l’aboutissement d’un travail accompli par un nombre restreint d’hommes ayant consenti à de grands compromis mutuels », tandis que le maréchal Khalifa Haftar a salué une avancée dans le « traitement de questions restées en suspens pendant des années ». L’envoyée spéciale de l’ONU, Hanna Tetteh, a pour sa part appelé les parties à traduire « cet accord en actions concrètes ».
Cet accord politique intervient alors que la Libye vit depuis plus d’une décennie avec des pouvoirs rivaux et des institutions parfois dédoublées, sans que cela n’ait interrompu l’essentiel de l’activité économique : le pétrole continue d’être extrait et exporté, et les salaires de la fonction publique restent versés dans les deux zones du pays.
Un premier accord budgétaire unifié depuis avril
Sur le plan économique, un premier pas avait déjà été franchi en avril 2026 : dix pays — États-Unis, Égypte, France, Allemagne, Italie, Qatar, Arabie saoudite, Turquie, Émirats arabes unis et Royaume-Uni — avaient signé, le 11 avril, une déclaration commune soutenant un budget unifié libyen, une première depuis plus de dix ans. Cette initiative associe trois institutions considérées comme les piliers de l’unité économique du pays : la Banque centrale de Libye, la National Oil Corporation et le Bureau d’audit.
Le gouverneur de la Banque centrale de Libye avait alors évoqué l’ouverture d’un « nouveau chapitre de travail sérieux et de coopération authentique », visant notamment à stabiliser le dinar libyen, relancer des projets de développement et renforcer la sécurité énergétique régionale, sans toutefois préciser de montant global pour ce budget commun.


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