Le Sénégalais Abdoulaye Ndiaye sacré meilleur jeune économiste africain
L’économiste sénégalais Abdoulaye Ndiaye, professeur assistant à la Stern School of Business de l’université de New York, a remporté à Kigali le premier Africa NextGen Economist Prize. Décernée en marge de l’Africa CEO Forum, cette distinction salue les travaux d’un chercheur de moins de 40 ans engagé sur les questions de dette, de finances publiques et de développement économique en Afrique.

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L’économiste sénégalais Abdoulaye Ndiaye, professeur assistant à la Stern School of Business de l’université de New York, a reçu vendredi 15 mai le premier Africa NextGen Economist Prize, décerné en marge de l’Africa CEO Forum à Kigali. Ce prix, créé par Jeune Afrique et The Africa Report en partenariat avec la Banque africaine de développement, vise à distinguer des économistes africains de moins de 40 ans dont les travaux renouvellent la pensée économique du continent. « Recevoir ce prix m’émeut profondément », a déclaré le lauréat lors de la cérémonie. « La portée de ce prix tient au fait que le jury a estimé que ma recherche servait non seulement la communauté académique, mais aussi les citoyens africains, les investisseurs et les décideurs publics de notre continent. »
Ndiaye, 37 ans, a été sélectionné parmi plus de 70 candidats issus de 14 pays africains. Il était l’un des deux finalistes retenus, face au Togolais Ablam Estel Apeti, chercheur spécialisé dans la fiscalisation de l’économie numérique et la dette souveraine.
Diplômé de l’École polytechnique en France, Abdoulaye Ndiaye a soutenu son doctorat à la Northwestern University aux États-Unis sur le thème de la fiscalité optimale et des politiques de retraite, avant d’exercer comme économiste à la Banque fédérale de réserve de Chicago, puis d’intégrer la Stern School en 2019. Il est également affilié au Finance for Development Lab. Ses travaux se situent à la croisée des finances publiques, de l’économie du développement et de l’économie politique : il cherche à identifier les contraintes institutionnelles et de marché qui limitent la capacité des États africains à assurer les ménages, mobiliser des ressources nationales et préserver la stabilité macro-financière.
Son nom est associé depuis plusieurs années aux débats sur la dette sénégalaise, notamment à travers une note publiée en janvier 2026 avec l’économiste Martin Kessler intitulée « A Strategic Compass for Navigating Senegal‘s Debt Crisis », diffusée par le Finance for Development Lab. « Mes travaux portent notamment sur les questions de soutenabilité de la dette. Quels sont les chemins et issues de sortie de ces crises ? », avait-il expliqué à Jeune Afrique en amont de la remise du prix.
Un prix adossé à une dotation et une visibilité éditoriale
La dotation associée au prix s’élève à 10 000 euros. Le lauréat bénéficie en outre d’une mise en lumière éditoriale à travers une interview dans Jeune Afrique et The Africa Report, ainsi qu’une formation offerte par la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (FERDI). Pour Aurélie M’Bida, rédactrice en chef de Jeune Afrique, le prix vise à « donner davantage de visibilité aux économistes africains qui pensent les transformations du continent à partir de ses réalités propres ». Nicholas Norbrook, rédacteur en chef de The Africa Report, a souligné la nécessité de « voix nouvelles capables de relier excellence académique, compréhension fine des institutions et impact concret sur les politiques publiques ».
Le prix a été remis lors de la dernière journée de l’Africa CEO Forum 2026, dont le Rwanda était l’hôte pour la troisième année consécutive, et dont l’une des figures de marque était le président français Emmanuel Macron.


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