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Sondage : vivre jusqu’à 150 ans ? La majorité des Français dit non

Selon un sondage Odoxa, 56 % des Français ne souhaiteraient pas vivre au-delà de 150 ans, même en bonne santé, et 71 % considèrent qu’un tel allongement extrême de la vie serait une mauvaise chose pour l’humanité. Les principales craintes portent sur la surpopulation, le coût social et les inégalités d’accès à d’éventuelles technologies de longévité.

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Une majorité de Français rejette la perspective d’une vie prolongée au-delà de 150 ans, selon un sondage Odoxa réalisé pour Le Figaro Magazine et les éditions Buchet-Chastel, publié vendredi 15 mai. A la question « si, à l’avenir, il était effectivement possible de vivre au-delà de 150 ans en bonne santé, le souhaiteriez-vous pour vous-même ? », 56% des personnes interrogées répondent non. Plus significatif encore, 71% des sondés estiment que l’allongement extrême de l’espérance de vie serait « une mauvaise chose pour l’humanité », une proportion homogène selon le sexe et la tranche d’âge.

L’enquête a été conduite par Internet les 6 et 7 mai 2026 auprès d’un échantillon de 1 005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Parmi les sondés opposés à cette évolution, la surpopulation mondiale constitue la première crainte, citée par 56% d’entre eux. La question du coût économique — retraites, santé, dépendance — arrive en deuxième position à 53%, et 31% évoquent une « dégradation de la qualité de vie pour le plus grand nombre ».

Ces résultats paraissent en tension avec la perception positive de la longévité mesurée par d’autres enquêtes à des horizons moins lointains. Le baromètre Ifop-Club Landoy de novembre 2024 indiquait que 88% des Français considéraient l’allongement de la vie comme un progrès, et que 59% souhaitaient vivre jusqu’à 100 ans.

La question de l’accès divise également : 49% des répondants estiment qu’il faudrait « carrément » interdire ces technologies si elles venaient à se développer, tandis que 36% plaident à l’inverse pour les rendre gratuites et universellement accessibles afin d’éviter une inégalité d’accès à la longévité.

Des écarts selon l’âge et la catégorie sociale

Le refus est le plus marqué chez les 65 ans et plus, dont seulement 33% se déclarent favorables à une vie post-150 ans. Suivent les 18-24 ans (43%), les 50-64 ans (45%) et les 25-34 ans (47%). C’est dans la tranche 35-49 ans que l’adhésion est la plus forte, avec 54% de réponses favorables — une proportion que l’analyse commandée par l’éditeur Buchet-Chastel attribue à une plus forte propension à se projeter dans l’avenir de leurs enfants. Par catégorie professionnelle, les cadres sont plus enclins à envisager cette perspective (53%) que les ouvriers (46%).

Pour les trois quarts des sondés, vivre au-delà de 150 ans ne sera de toute façon pas possible. La grande majorité n’anticipe pas de rupture dans l’évolution de l’espérance de vie mais une « progression raisonnable » : seuls 33% imaginent que l’on vivra en moyenne plus de 90 ans, alors que l’espérance de vie actuelle s’établit à 85,3 ans pour les femmes et 79,4 ans pour les hommes en France, selon les données de l’INSEE. A l’extrême, 0,5% des sondés envisagent une espérance de vie supérieure à 150 ans, proportion correspondant au courant transhumaniste promu par plusieurs entrepreneurs de la Silicon Valley, dont l’Américain Bryan Johnson, qui finance des protocoles anti-vieillissement sur son propre corps.

Le sondage est publié en lien avec la parution d’un ouvrage aux éditions Buchet-Chastel consacré à la longévité extrême. Son commanditaire commercial doit être pris en compte dans la lecture de ses résultats.

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