Guy Degrenne : de l’acier des chars allemands aux couverts en inox
Le 3 août 2026, Guy Degrenne aurait soufflé ses 101 bougies. Disparu en 2006, le fondateur de la maison Degrenne reste associé à la démocratisation des couverts en acier inoxydable et à une trajectoire industrielle née d’une forge familiale en Normandie.
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Originaire de l’Orne, diplômé de l’ESSEC, Guy Degrenne reprend en 1948 l’atelier paternel à Sourdeval et lance une production de couverts alors que la France se reconstruit. Son nom est devenu synonyme d’arts de la table grand public et d’une marque qui s’est progressivement hissée au rang d’enseigne nationale.
La légende entourant les débuts de l’entreprise présente une image forte : les aciers récupérés après la Seconde Guerre mondiale — parfois décrits comme provenant du blindage de chars détruits lors de la bataille de Normandie — auraient servi à fabriquer les premières pièces. Ce récit, largement relayé, illustre le réemploi de matériaux et la montée en puissance d’une activité industrielle locale.
De la forge familiale à une marque nationale
Guy Degrenne est né en 1925 à Tinchebray (Orne). Après ses études à l’ESSEC, il reprend l’entreprise familiale et s’inscrit rapidement dans un contexte de forte demande en équipements ménagers. Il développe l’utilisation de l’acier inoxydable, matériau plus résistant et plus facile d’entretien que l’argent ou le métal blanc alors majoritairement employés.
En 1958, la société étend ses activités à la platerie, puis, en 1963, se lance dans la fabrication de couverts haut de gamme en acier inoxydable massif, avec pour objectif de rendre accessibles des modèles jusque-là réservés aux orfèvres parisiens.
En 1967, une partie de la production est transférée à Vire (Calvados) : une usine de 35 000 m² y est aménagée et emploie alors près de 600 salariés, marquant l’industrialisation à grande échelle de la marque dans la « Vallée des alliages ».
À la fin des années 1960 et durant les années 1970, l’entreprise diversifie ses clients en s’engageant sur des marchés publics et en amorçant une ouverture à l’international, soutenue par un bureau d’études et un service marketing structuré.
La notoriété grand public s’accentue en 1978 grâce à une campagne publicitaire télévisée devenue culte, qui contribue à fixer l’image d’une success story normande bien que romancée. En 1987, Guy Degrenne cède l’entreprise à la holding Table de France.
Après son départ, la maison poursuit son évolution : première boutique Guy Degrenne à Paris en 1996, repositionnement vers le luxe au milieu des années 2000, et présence lors de l’Exposition universelle de Shanghai en 2010.
Rebaptisée Degrenne Paris, la société propose désormais plus de 3 000 références réparties en sept familles de produits — porcelaine, verrerie, couverts et articles de buffet — prolongeant le catalogue hérité du fondateur.
Guy Degrenne repose au cimetière de Neuville, à Vire. Son épouse, Renée Degrenne, y a été inhumée après son décès en 2014. Le couple avait créé une fondation apportant un soutien aux familles et aux jeunes en difficulté en Normandie.


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