Égypte : Le Caire prêt à agir si le barrage éthiopien cause un dommage

Le ministre égyptien de l’Irrigation, Hani Sewilam, affirme que l’achèvement du barrage de la Renaissance ne vaut pas acceptation par l’Égypte. Le Caire dit conserver le droit de prendre les mesures prévues par le droit international en cas d’atteinte à sa sécurité hydrique.

POLITIQUE
Vue satellite du Grand barrage de la Renaissance en Éthiopie
Image satellite : NASA/METI/AIST/Japan Space Systems / Wikimedia Commons
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L’Égypte durcit de nouveau le ton face au Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD). Le ministre des Ressources en eau et de l’Irrigation, Hani Sewilam, a qualifié l’ouvrage d’« illégitime » et affirmé que Le Caire se réservait le droit de prendre les mesures permises par le droit international si sa sécurité hydrique était menacée.

Lors d’une séance d’information organisée au Caire par le Service d’information de l’État, le ministre a soutenu que l’achèvement du barrage et le temps écoulé depuis sa mise en service ne signifiaient ni acceptation de la situation par l’Égypte ni abandon de ses droits. Selon lui, la Déclaration de principes signée en 2015 par l’Égypte, l’Éthiopie et le Soudan devait conduire à un accord contraignant sur le remplissage, l’exploitation et l’échange de données, accord qui n’a jamais été conclu.

La presse égyptienne a relayé une formule plus directe de Hani Sewilam : l’Égypte ne laissera pas l’Éthiopie contrôler ce qu’il a présenté comme la « clé de la vie » des Égyptiens. Il a également déclaré que d’éventuelles nouvelles négociations devraient être limitées dans le temps et conduites avec un partenaire respectant, selon la position du Caire, les règles du droit international.

Le ministre a aussi mis en avant les risques liés à une exploitation non coordonnée du barrage. Il estime que des variations brusques des débits peuvent compliquer la gestion des ouvrages en aval, en particulier au Soudan et en Égypte. Le Caire réclame depuis plusieurs années des règles juridiquement contraignantes pour l’exploitation du GERD, notamment pendant les périodes de sécheresse prolongée ou de fortes crues.

L’Éthiopie rejette cette lecture. Addis-Abeba présente le GERD comme un projet de développement et de production d’électricité qui ne vise pas à priver les pays en aval de leur eau. Début août, des responsables et experts éthiopiens interrogés par l’agence publique ENA accusaient au contraire l’Égypte d’utiliser le dossier du barrage comme instrument de pression politique. Une semaine plus tôt, Ethiopian Electric Power indiquait que le GERD représentait désormais 52 % des recettes éthiopiennes d’exportation d’électricité.

Le différend reste bloqué sur la question d’un accord juridiquement contraignant. Les négociations trilatérales, suspendues en 2020 puis relancées en 2023, ont de nouveau achoppé en 2024. Hani Sewilam a répété que l’Égypte ne considérait pas la mise en service de l’ouvrage comme un fait juridique mettant fin au contentieux.

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