Criet: Steve Wotto dans tous ses états devant le juge, son avocat plaide la folie, l’accusé rejette
La deuxième audience du procès du tiktokeur Steve Wotto a donné lieu à des éclats de voix mémorables ce lundi 22 juin 2026 devant la chambre correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).

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Poursuivi pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État, harcèlement par le biais d’un système électronique et incitation à la haine et à la violence, le prévenu a fait face aux questions pressantes du magistrat et du ministère public dans une ambiance électrique.
Selon les informations de Libre Express, interrogé sur la teneur de ses publications numériques, Steve Wotto a pleinement assumé la paternité de ses contenus, tout en maintenant sa position de non-culpabilité quant aux qualifications juridiques retenues contre lui. L’accusé a reconnu avoir tenu de nombreux propos virulents contre l’ancien président Patrice Talon, expliquant avoir agi sous le coup de l’amertume.
Le tiktokeur ne s’est pas arrêté là et a profité de la tribune pour cibler frontalement le nouveau président élu, Romuald Wadagni. Devant la Cour, il a ouvertement contesté la légitimité du processus électoral ayant conduit ce dernier au pouvoir, n’hésitant pas à qualifier le scrutin de fraudes électorales et de coup d’État constitutionnel.
Colère noire, mysticisme et contestation des conditions de son arrestation
La tension est montée d’un cran lorsque le juge et le procureur ont cherché à savoir pourquoi le prévenu se cachait pour diffuser ses vidéos avant son interpellation par les forces de l’ordre. Steve Wotto s’est alors mis dans une colère noire, haussant le ton pour rétablir sa propre version des faits.
Il a nié avoir été capturé par la police, affirmant s’être présenté de lui-même au commissariat de Bohicon dès qu’il a su qu’il était recherché, avant de dénoncer de supposées menaces d’assassinat lors de son transfèrement vers Cotonou.
Pour justifier ses diatribes politiques, l’accusé s’est défini comme un homme spirituel agissant sous l’influence directe des mânes des ancêtres. Se proclamant homme digne, il s’est fendu d’une violente critique sociétale, affirmant que le Béninois d’aujourd’hui est devenu un voleur et regrettant que l’ancien Quartier latin de l’Afrique ait perdu son prestige à cause de la déchéance de ses intellectuels.
La défense invoque Jacquot, le prévenu réplique « Je ne suis pas fou »
Face à cette dérive verbale et pour prémunir son client d’une lourde sanction, son avocat a tenté une manœuvre médicale en évoquant de lourds antécédents psychiatriques, notamment un suivi médicalisé au centre psychiatrique de Jacquot. Arguant de l’incohérence des déclarations de l’accusé, le conseil a réclamé une expertise psychiatrique formelle et la comparution du père du jeune homme pour témoigner de son instabilité mentale.
Cette stratégie de protection a immédiatement été balayée par le tiktokeur lui-même, qui a coupé court aux affirmations de son avocat en lançant un catégorique « Je ne suis pas fou ».
Prenant acte de ce bras de fer interne et des réquisitions du ministère public, le juge a ordonné le renvoi du dossier au lundi 20 juillet 2026 afin d’examiner la demande d’expertise psychiatrique et de poursuivre les débats.



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