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Côte d’Ivoire : le principal syndicat agricole menace de bloquer l’acheminement du cacao vers Abidjan

La filière cacao en Côte d’Ivoire connaît une nouvelle escalade. Le principal syndicat agricole met en garde contre un blocage total des expéditions vers Abidjan après la décision des autorités de ramener le prix garanti de 2 800 à 1 200 FCFA le kilogramme. Menace de non-acheminement, divergences sur les montants mobilisés pour compenser les producteurs et stocks importants retenus dans les zones de production font craindre une paralysie des flux commerciaux.

POLITIQUE
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Crise du cacao en Côte d'Ivoire la tension monte, le Synapci s'impose
Crise du cacao en Côte d’Ivoire la tension monte, le Synapci s’impose
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Le Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAPCI) a clairement signifié qu’il n’acceptera pas la cession du cacao à 1 200 FCFA/kg. Dans un message relayé par ses responsables, l’organisation estime que les producteurs ne peuvent être contraints d’écouler leurs fèves à un prix qu’ils jugent indigne et a annoncé que, faute de reprise des achats au tarif de 2 800 FCFA/kg, aucun convoi ne quittera les villages en direction d’Abidjan.

Au cœur du différend figurent des incohérences chiffrées sur les mécanismes de garantie. Le gouvernement a évoqué la mise à disposition d’une enveloppe de 291 millions de FCFA destinée à assurer le maintien du prix de 2 800 FCFA/kg pour les stocks en attente d’enlèvement. Le SYNAPCI et le Conseil Cacao-Café avancent pour leur part un chiffre voisin mais différent, autour de 280 millions, alimentant les critiques sur la transparence et la gestion du fonds de stabilisation.

Mobilisation sociale, marchés mondiaux et stocks bloqués

Les autorités expliquent la révision du prix garanti par la baisse des cours internationaux du cacao. Selon les déclarations ministérielles rapportées, la diminution n’aurait pas été prise à la légère mais imposée par l’évolution défavorable des marchés mondiaux. Le gouvernement fait valoir que l’ajustement vise à aligner le prix intérieur sur la réalité des cotations externes.

La Côte d’Ivoire n’est pas isolée dans cette dynamique: le Ghana a déjà procédé à un repli comparable, ramenant le prix payé aux producteurs de 58 000 cedis la tonne en octobre 2025 à 41 000 cedis, soit une baisse de près de 29,31 %. Ces mouvements régionaux augmentent la pression sur les décideurs ivoiriens et renforcent les contraintes pour les opérateurs locaux.

Sur le terrain, la situation logistique est critique. Depuis le début de l’année 2026, plus de 700 000 tonnes de fèves seraient bloquées dans les ports et zones de stockage, selon les chiffres disponibles. Le blocage tient à la fois aux décisions de prix et aux difficultés de gestion des enlèvements, tandis que des lacunes persistantes en matière de traçabilité compliquent le contrôle des flux: une étude de 2025 évoque un suivi effectif d’environ 40 % de la production.

Face à ces tensions, le SYNAPCI dénonce une mauvaise administration du système de stabilisation et questionne la destination des cargaisons vendues par anticipation, affirmant que des paiements ont été encaissés alors que les fèves restent chez les producteurs. L’organisation se dit prête à discuter mais maintient sa position sur le prix requis, et les risques de contrebande vers les pays voisins persistent malgré les ajustements tarifaires

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