Cisjordanie : Royaume-Uni, France et Canada vont interdire les produits des colonies israéliennes
Le Royaume-Uni, la France et le Canada ont annoncé mardi des mesures nationales visant à interdire les importations de biens provenant des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, dans une initiative coordonnée destinée à faire pression contre l’expansion des implantations.

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Le Royaume-Uni, la France et le Canada ont annoncé mardi 8 septembre des mesures nationales visant à interdire les importations de biens provenant des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, dans une initiative coordonnée destinée à faire pression contre l’expansion des implantations et à préserver la perspective d’une solution à deux États.
À Londres, le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband a présenté devant la Chambre des communes un futur régime de sanctions qui comprendra une interdiction d’importer les marchandises issues des colonies. Le texte britannique doit entrer en vigueur dans un délai annoncé de six à neuf mois, tandis que des sanctions plus immédiates visent parallèlement certains colons accusés d’avoir soutenu ou encouragé des violences.
La France et le Canada ont annoncé le même jour qu’ils engageraient à leur tour des mesures nationales contre le commerce de produits issus des colonies. Une déclaration commune publiée par douze ministres des Affaires étrangères confirme que plusieurs pays européens et le Canada veulent instaurer des restrictions nationales ou soutenir des restrictions européennes sur ces échanges.
Les mesures visent les implantations établies en Cisjordanie et ne constituent pas un boycott général des produits israéliens. Londres a précisé que les échanges avec Israël à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues resteraient autorisés. Les produits concernés peuvent notamment inclure des denrées agricoles provenant des colonies.
Les gouvernements britannique, français et canadien expliquent leur décision par l’accélération de la colonisation et la multiplication des violences en Cisjordanie. Ils citent notamment la publication récente d’appels d’offres pour le projet E1, à l’est de Jérusalem, considéré par eux comme une menace directe pour la continuité territoriale d’un futur État palestinien.
Une mesure commerciale à forte portée politique
La déclaration conjointe réunit le Canada, le Danemark, la Finlande, la France, l’Islande, l’Irlande, la Norvège, la Pologne, le Portugal, l’Espagne, la Suède et le Royaume-Uni. Ces pays affirment que les actions du gouvernement israélien en Cisjordanie fragilisent la solution à deux États et demandent l’arrêt de l’expansion des colonies ainsi qu’une responsabilisation des auteurs de violences.
Le Royaume-Uni va plus loin dans le détail de son dispositif. Ed Miliband a indiqué que Londres entend également viser certaines entreprises et personnes fournissant des services liés à l’expansion des colonies, notamment dans la construction, les infrastructures, le financement ou l’immobilier. La publicité au Royaume-Uni pour des biens situés dans les colonies doit aussi être interdite.
La France a, de son côté, indiqué qu’elle mettrait fin à son commerce avec les colonies israéliennes, tout en précisant que les modalités et le calendrier de mise en œuvre doivent encore être arrêtés. Paris présente cette décision comme une mesure ciblée, distincte d’un boycott d’Israël.
Israël promet une riposte
La décision a provoqué de vives réactions au sein du gouvernement israélien. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a appelé à l’expulsion de l’ambassadeur britannique, tandis que le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a averti que son pays répondrait à toute mesure prise contre lui. Cette réaction prolonge les menaces de représailles déjà adressées par Israël au Royaume-Uni début septembre.
Les colonies israéliennes en Cisjordanie sont considérées comme illégales par l’ONU, la Cour internationale de Justice et la majorité de la communauté internationale. Israël conteste cette lecture et considère le territoire comme disputé, en invoquant notamment des liens historiques et sécuritaires.
En annonçant simultanément leurs mesures, Londres, Paris et Ottawa cherchent à accroître la pression diplomatique sur le gouvernement israélien au moment où plusieurs pays européens tentent de coordonner leur réponse à la situation en Cisjordanie. L’impact commercial direct devrait rester limité, mais le signal politique est important dans un contexte de tensions croissantes autour du projet E1 et de l’avenir de la solution à deux États.



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