Cisjordanie : le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot dénonce des violences de colons « scandaleuses et indignes »

Dans un entretien à RFI en marge de la Fabrique de la diplomatie, le chef de la diplomatie française juge « scandaleuses et indignes » les violences des colons en Cisjordanie, réaffirme le soutien de Paris à l'Ukraine et écarte les accusations nigériennes contre la France.

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Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a qualifié de « scandaleuse et indigne » la multiplication des violences commises par des colons israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée, dans un entretien accordé à RFI et diffusé vendredi 5 septembre 2026, en marge de la Fabrique de la diplomatie organisée à Paris.

Interrogé sur l’incapacité de l’armée israélienne, pourtant l’une des plus puissantes de la région, à endiguer ces violences, le chef de la diplomatie française a relevé les condamnations déjà exprimées par le Premier ministre Benyamin Netanyahou, le président israélien et le chef de la diplomatie israélienne, tout en les jugeant insuffisantes. « J’aurais souhaité que les mots soient plus forts encore », a-t-il déclaré, évoquant une « explosion de violence inédite » qu’il dit n’avoir « jamais vue dans l’histoire des territoires occupés ».

Jean-Noël Barrot a rappelé que l’Union européenne avait déjà sanctionné plusieurs individus et entités, ainsi qu’un ministre israélien accusé d’encourager la colonisation, et a plaidé pour une restriction du commerce entre l’UE et les colonies jugées illégales, sur le modèle de la fin des importations en provenance de Crimée décidée par les Européens en 2014. « Tous les Européens ne partagent pas cette volonté » pour l’instant, a-t-il reconnu, en affirmant avoir « plaidé une nouvelle fois cette semaine » pour avancer sur ce dossier.

Le ministre a par ailleurs indiqué avoir obtenu de l’Union européenne l’envoi, dès septembre, d’une mission de soutien aux élections législatives palestiniennes attendues en novembre et à la présidentielle prévue au premier trimestre 2027. L’entretien a été enregistré dans le cadre de la deuxième édition de la Fabrique de la diplomatie, un événement organisé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères jusqu’au 5 septembre à Paris.

Face à la Russie, Paris dit maintenir son soutien à l’Ukraine

Interrogé sur les tensions croissantes entre Moscou et Berlin, illustrées par la fermeture de centres culturels allemands en Russie et par l’attribution par l’Allemagne à la Russie de la responsabilité d’une attaque aux drones explosifs sur l’aéroport de Leipzig, Jean-Noël Barrot a affirmé que la France maintenait son soutien « financier, énergétique et militaire » à l’Ukraine. Il a assuré qu’« à chaque fois » que le président russe Vladimir Poutine avait « testé les limites des Européens, il a rencontré la fermeté et l’unité » de ces derniers.

Le ministre a également évoqué, sans que ces chiffres puissent être vérifiés de façon indépendante, un contrôle russe portant selon lui sur « moins de la moitié des territoires » occupés par Moscou au printemps 2022 et des pertes de « 35 000 hommes » sur le front. Il a par ailleurs cité le gel de 500 milliards d’euros d’avoirs russes par les Européens.

Jean-Noël Barrot s’est aussi exprimé sur le scrutin régional prévu dimanche 6 septembre en Saxe-Anhalt, où l’AfD (extrême droite) est en position de l’emporter pour la première fois dans un Land allemand depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il a jugé que la responsabilité des partisans du « projet européen » était de « déployer toute l’énergie nécessaire pour faire échec au projet de l’extrême droite, que ce soit en France, en Allemagne ou ailleurs ».

Niger : Paris dément tout rôle dans la mutinerie de fin août

Le chef de la diplomatie française a par ailleurs rejeté les accusations portées par les autorités nigériennes, qui ont mis en cause la France après la mutinerie survenue le 29 août à Niamey, laquelle a fragilisé le pouvoir du général Abdourahamane Tiani. « Ce ne sont que des pures fantaisies », a-t-il déclaré, assurant qu’il n’y avait « ni intention ni moyen » que la France ait pu ou voulu s’impliquer dans cet épisode.

Sur le dossier iranien, Jean-Noël Barrot a indiqué que la France faisait partie des rares pays à conserver des canaux ouverts avec toutes les parties, alors que de nouvelles frappes ont opposé l’Iran et les États-Unis ces derniers jours. Il a rejeté l’idée que les Européens se limiteraient à un rôle de « passeurs de messages », citant les efforts engagés pour diversifier les routes d’approvisionnement énergétique après le blocage d’un détroit stratégique qui a pesé sur les prix du pétrole.

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