Centrafrique : reprise des audiences criminelles après plusieurs mois de retard

La première session criminelle de l’année s’est ouverte lundi 3 août à la Cour d’appel de Bangui, après plusieurs mois de retard attribués par les autorités judiciaires à des difficultés financières. Prévue au premier trimestre, cette session doit examiner une trentaine de dossiers en l’espace de quatre semaines.

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Une vue de Bangui, capitale de la République centrafricaine.© Rolf Steve Domia-leu/RFI
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Le procureur général près la Cour d’appel de Bangui, Jean Vidal Damas, a expliqué que les moyens nécessaires à l’organisation des audiences avaient été mobilisés tardivement. Il a évoqué un contexte économique difficile ayant pesé sur le calendrier judiciaire.

« Cette année, on a éprouvé beaucoup de difficultés pour que les moyens soient mis à notre disposition », a déclaré le magistrat. Il a toutefois assuré que les partenaires de la justice étaient prêts à apporter leur soutien et que des dispositions avaient été prises pour permettre le démarrage de la session.

Les audiences doivent se poursuivre jusqu’au 31 août. La session constitue un rendez-vous important pour les victimes, les personnes détenues en attente de jugement et les acteurs du système judiciaire centrafricain.

Une trentaine de dossiers examinés

Au total, 30 dossiers concernant environ 40 détenus doivent être examinés par la cour. Les affaires portent notamment sur des assassinats, des meurtres, des coups mortels et des faits d’association de malfaiteurs.

La juridiction doit également se pencher sur des dossiers de vols aggravés, d’incendies volontaires de maisons d’habitation et de détournements de deniers publics. Ces audiences doivent permettre de trancher des affaires qui restent parfois en attente pendant de longues périodes.

Du côté de la société civile, les reports répétés des sessions criminelles fragilisent le fonctionnement de la justice et renforcent le sentiment d’impunité. Les organisations suivent notamment la situation des victimes et des détenus qui attendent parfois plusieurs années avant d’être jugés.

Le procureur général a indiqué que les autorités judiciaires souhaitaient rattraper le retard accumulé. Il n’a pas exclu l’organisation de sessions supplémentaires afin de réduire le nombre de dossiers en attente.

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