Mali : la Cour suprême rejette la demande de libération de Clément Dembélé
La Cour suprême du Mali a rejeté mardi le pourvoi en cassation introduit par les avocats de l’universitaire et militant anticorruption Clément Dembélé. Détenu depuis novembre 2023, il reste incarcéré après avoir été accusé d’avoir proféré des menaces de mort contre le chef de la junte, le général Assimi Goïta.

SOMMAIRE

Clément Dembélé a appris la décision depuis la maison d’arrêt de Bamako, où il est détenu depuis plus de deux ans et demi. Le rejet de son recours met fin à cette nouvelle tentative de ses avocats d’obtenir sa libération.
Le président du Réseau des défenseurs des droits humains au Mali, Souleymane Camara, a demandé la libération immédiate du militant. Il estime, comme plusieurs experts indépendants des Nations unies, que les éléments établissant sa culpabilité n’ont pas été réunis.
« Tout comme les experts des Nations unies l’ont établi, les preuves de culpabilité de Clément Dembélé n’ont pas été établies », a déclaré M. Camara. Il a également souligné que le militant était très actif dans les dossiers liés à la corruption au Mali et qu’il pouvait, selon lui, être détenu en raison de cet engagement.
Une procédure judiciaire prolongée
Universitaire et figure de la lutte anticorruption, Clément Dembélé avait été accusé d’avoir menacé de mort le général Assimi Goïta dans un enregistrement. Un juge chargé d’examiner le dossier avait toutefois classé l’affaire sans suite et mis l’accusé hors de cause.
Le parquet avait rapidement fait appel de cette décision, empêchant la remise en liberté du militant. Depuis, les étapes successives de la procédure ont prolongé son maintien en détention, jusqu’au rejet de son pourvoi par la Cour suprême.
Depuis environ un an, plusieurs experts indépendants des Nations unies demandent également la libération de Clément Dembélé. Ces experts ont mis en doute la solidité des éléments retenus contre lui et ont appelé les autorités maliennes à respecter ses droits.
Le Réseau des défenseurs des droits humains au Mali réclame désormais une libération immédiate. La demande intervient alors que les autorités militaires ont interdit les activités des partis politiques et que des voix s’élèvent pour réclamer un retour à l’ordre constitutionnel.


Commentaires