Maroc : La Fifa présente ses excuses après son projet d’investissements privés et réaffirme son soutien à Infantino
La direction de la Fédération internationale de football a reconnu mercredi que des « erreurs » avaient été commises dans la gestion de son projet d’ouverture à des investisseurs privés. Réunie en urgence au complexe Mohammed VI de Salé, près de Rabat, elle a également présenté ses excuses, tout en réaffirmant son « plein soutien » au président Gianni Infantino.

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La réunion, tenue à huis clos, s’est déroulée au siège africain de la Fifa au Maroc. Dans un communiqué publié à l’issue des discussions, l’organisation a admis que la proposition avait été conduite de manière inappropriée après sa révélation dans la presse.
« Des excuses ont été présentées pour ces erreurs, assorties d’un engagement à veiller à ce qu’elles ne se reproduisent plus », a indiqué la Fifa. Elle a également assuré qu’il n’avait jamais été question d’écarter le Conseil de l’instance ni ses 211 associations membres du processus de décision.
La fédération internationale a toutefois défendu la légalité de la démarche. « Tout ce qui a été fait l’a été dans le strict respect du cadre réglementaire de la Fifa », a-t-elle affirmé, alors que plusieurs dirigeants et confédérations avaient dénoncé un manque de transparence dans la conduite du projet.
Un soutien renouvelé au président
Les membres du Conseil de direction présents à la réunion ont réaffirmé leur soutien à Gianni Infantino, présenté comme le seul responsable élu par l’ensemble des associations membres de la Fifa. Cette déclaration intervient après plusieurs jours de critiques visant directement le président italo-suisse et son entourage.
La Fifa a également promis de défendre son intégrité et ses procédures internes. « La Fifa ne tolérera plus aucune atteinte à son intégrité, à sa bonne gouvernance et à son respect des procédures régulières », a-t-elle déclaré, après l’abandon du projet d’investissements privés.
Gianni Infantino a de son côté renouvelé sa confiance au secrétaire général Mattias Grafström et à l’administration de l’organisation. Dans une lettre adressée aux salariés et consultée par l’AFP, M. Grafström avait pourtant évoqué une « série d’événements tristes et condamnables ».
Le président de la Fifa assistait mercredi soir à Rabat au match entre la Zambie et le Malawi, disputé dans le cadre de la Coupe d’Afrique des nations féminine. À la tête de l’instance depuis février 2016, il est régulièrement accusé de multiplier les projets controversés.
Le projet d’investisseurs privés abandonné
La semaine précédente, la Fifa avait annoncé la création envisagée d’une société extérieure baptisée Fifa Forward Enterprise. Cette structure devait gérer certaines activités commerciales de l’organisation ainsi que des compétitions majeures, dont les Coupes du monde, avec la participation d’investisseurs privés.
Présenté le 28 juillet après avoir été révélé par plusieurs médias, le projet avait rapidement suscité l’opposition de nombreux acteurs du football. Il a finalement été retiré dans la nuit du 31 juillet au 1er août, sous la pression de plusieurs confédérations, dont l’UEFA.
Des responsables de premier plan avaient pris leurs distances avec Gianni Infantino. Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial à la Fifa, s’était montré critique, tandis que Carlos Cordeiro, conseiller principal du président, avait démissionné en s’opposant « catégoriquement » au projet.
L’UEFA avait menacé de durcir sa position, allant jusqu’à évoquer un possible boycott des Coupes du monde. La confédération européenne a ensuite affirmé avoir « perdu confiance » en Gianni Infantino, tandis que la Concacaf demandait une réévaluation complète de sa gouvernance.
Une succession sous pression
Les critiques ont également gagné le terrain politique. Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré mercredi n’avoir « aucune confiance » en Gianni Infantino après la crise autour du projet privé, estimant qu’une bonne gouvernance ne pouvait reposer sur la mise à l’écart des conseillers les plus proches.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham avait lui aussi jugé quelques jours plus tôt que Gianni Infantino était « la mauvaise personne pour diriger » la Fifa. Ces prises de position s’ajoutent aux contestations venues du monde du football et fragilisent davantage le président à l’approche du prochain scrutin.
Gianni Infantino, âgé de 56 ans, est pour l’instant le seul candidat déclaré à sa propre succession. L’élection doit se tenir en mars 2027 à Rabat, où il devra obtenir la majorité des 211 fédérations membres pour décrocher un nouveau mandat de quatre ans.
Plusieurs fédérations ont déjà retiré officiellement leur soutien au président de la Fifa, parmi lesquelles la Finlande, le pays de Galles, la Serbie et la Suède. Malgré ces défections, l’instance internationale a affiché son unité autour de Gianni Infantino au terme de sa réunion de crise au Maroc.


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