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« Ce n’est pas parce qu’on est béninois qu’on va travailler ensemble », Angélique Kidjo

À travers une déclaration à son arrivée à Cotonou dans le cadre des Vodouns days 2026, Angélique Kidjo s’est expliquée sur les critiques récurrentes l’accusant de ne pas collaborer avec les artistes béninois.

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Angélique Kidjo
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La mise au point est claire et assumée et Angélique Kidjo fixe les conditions de collaboration. Pour elle, « ce n’est pas parce qu’on est béninois qu’on va travailler ensemble ». C’est une réponse à son silence souvent interprété comme du désintérêt pour la scène musicale nationale. Face à ceux qui lui reprochent de mettre davantage son talent au service d’autres pays, l’artiste rappelle que toute collaboration, quelle que soit l’origine de l’artiste, doit répondre à un seul impératif, celui de servir une chanson et porter une musique capable de rayonner au-delà des frontières.

Pour la chanteuse béninoise, installée depuis des décennies sur les plus grandes scènes internationales, la nationalité ne saurait être un critère suffisant. Pour elle, collaborer implique une vision commune, un niveau d’exigence élevé et un engagement total envers la qualité. « Si cette musique n’est pas suffisamment bien, je ne rends service à personne », affirme-t-elle. Mieux, elle rejette toute forme de complaisance qui pourrait nuire aussi bien à son image qu’à celle des artistes qu’elle accompagne.

Contrairement aux accusations, Angélique Kidjo rappelle avoir travaillé avec plusieurs artistes béninois, notamment Zeynab ou encore sur des projets intégrant des sonorités traditionnelles. Mais elle insiste que certains morceaux auxquels elle a participé n’ont jamais été publiés, non par manque de volonté, mais parce que le résultat final ne répondait pas aux standards attendus. Une réalité souvent ignorée dans le débat public.

Excellence artistique et responsabilité africaine

Au-delà de sa propre carrière, Angélique Kidjo situe cette exigence dans un combat plus large pour la reconnaissance de la musique africaine. Longtemps cantonnée à l’étiquette réductrice de « world music », qu’elle a combattue jusque dans les instances internationales comme les Grammy Awards, l’artiste voit aujourd’hui dans les Afrobeats un espace de liberté et d’expression pour tout le continent.

Selon elle, ce courant offre un canevas commun permettant de raconter l’Afrique dans toute sa complexité, en y intégrant les rythmes locaux, les langues et les identités culturelles. Mais cette visibilité nouvelle s’accompagne d’une responsabilité : celle de maintenir un haut niveau de qualité, car « les gens attendent souvent que nous échouions », surtout lorsqu’il s’agit d’artistes africains, et plus encore de femmes africaines.

Le professionnalisme, la rigueur, le respect du travail bien fait et la capacité à produire des œuvres durables restent, selon elle, les véritables passeports pour une collaboration fructueuse.

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