Bénin : l’UPR et le BR face aux premières frustrations nées du gouvernement Wadagni
La composition du premier gouvernement de Romuald Wadagni suscite des frustrations au sein de l’UPR et du Bloc républicain, où plusieurs militants estiment que les partis de la mouvance présidentielle sont faiblement représentés. Face aux critiques, Joseph Djogbénou appelle ses troupes à privilégier l’intérêt général, alors que le nouveau chef de l’État assume une équipe largement dominée par des profils technocratiques.

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Des militants et cadres de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) et du Bloc républicain (BR), les deux partis de la mouvance présidentielle, ont exprimé leur mécontentement face à la composition du premier gouvernement de Romuald Wadagni, nommé le 24 mai 2026. Ces voix internes dénoncent ce qu’elles qualifient de faible représentativité de la classe politique militante dans un exécutif dominé par des technocrates peu connus du grand public.
Face à ces remous, le président de l’UPR, Joseph Djogbénou, a tenu une réunion avec les militants du Littoral. Il a reconnu explicitement que la formation du gouvernement avait été « difficile à composer » et a concédé que de nombreux membres du parti avaient « la légitimité, le mérite et la compétence d’y figurer ». Il a plaidé pour que l’intérêt national prime sur les calculs partisans. Pour Joseph Djogbénou, « nous, à l’Union Progressiste Le Renouveau, nous plaçons l’intérêt général au-dessus de tout, le Bénin. » Il a également estimé que les ministres devaient comprendre « l’esprit du projet de société » pour accompagner le chef de l’État vers des résultats concrets.
Au Bloc républicain, aucune personnalité n’a pris la parole publiquement sur ce sujet. Un cadre du parti ayant requis l’anonymat auprès d’Africaho a néanmoins exprimé ses réserves : « Il y a parmi nous beaucoup de cadres et personnalités ayant fait leurs preuves dans divers domaines. Nous avons espéré être associés à la gouvernance à un nombre plus élevé, mais nous espérons que les choses vont s’améliorer. »
Une logique technocratique revendiquée dès l’investiture
Le gouvernement Wadagni compte 25 membres, dont sept anciens ministres de Patrice Talon reconduits. L’UPR y est représentée par Gildas Agonkan à la Défense, Véronique Tognifodé Mewanou à la Famille et Sèdami Medégan Fagla à l’Enseignement supérieur. Le BR compte Janvier Yahouédéou à la Décentralisation, Shadiya Alimatou Assouma au secrétariat du gouvernement, Aurélie Adam Soulé Zoumarou à la Communication et Djibril Mama Cissé Moussa à l’Intérieur – soit sept postes sur 25 pour les deux partis qui représentent la totalité de la coalition gouvernementale.
Les partis avaient chacun transmis à la présidence des listes d’une vingtaine de personnalités pressenties avant l’investiture, selon Prime News Monde. L’exécutif final ne comporte par ailleurs aucun représentant de l’opposition ayant soutenu Wadagni en campagne, le président ayant choisi de ne pas ouvrir son gouvernement au-delà de la mouvance présidentielle.
La tension entre les attentes des appareils partisans et la composition effective du gouvernement n’est pas une surprise. Wadagni avait signalé pendant sa campagne une préférence pour des profils techniques et avait constitué son cabinet autour de ce principe. Plusieurs titulaires de portefeuilles clés – le ministre de l’Économie Aristide Médénou, le ministre de la Transformation digitale Mahuna Akplogan, la ministre des Affaires étrangères Corinne Amori Brunet ou le ministre de l’Agriculture Adin Yéton Bloukounon Goubalan – viennent directement d’organisations internationales ou du secteur privé, sans antécédent d’engagement partisan documenté.
La réunion de Djogbénou avec les militants du Littoral et le silence calculé du BR signalent que la gestion de cette insatisfaction interne constitue l’un des premiers défis de cohésion de la coalition au pouvoir. Aucune réaction officielle de la présidence n’avait été rendue publique au moment de la publication.


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