Véronique Tognifodé, professeur agrégé en Gynécologie Obstétrique, ministre des Affaires Sociales et de la Microfinance

Véronique Tognifodé Mewanou

Ministre de la Famille et l’Action sociale — Bénin — Présidence du Bénin

Acteurs / Personnalités Politiques
Métier ou Fonction :
Ministre de la Famille et l’Action sociale
Organisation :
Présidence du Bénin
Né(e) le :
31 mai 1972
Pays :
Bénin

Bénin : Véronique Tognifodé, une ministre entre action sociale, microfinance et éducation

Médecin gynécologue-obstétricienne, universitaire et femme politique, Véronique Tognifodé Mewanou occupe une place importante dans l’action sociale au Bénin depuis sa nomination au gouvernement en 2019. Ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, elle cumule depuis 2025 un second portefeuille lié à l’enseignement secondaire, technique et à la formation professionnelle.

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Véronique Tognifodé, professeur agrégé en Gynécologie Obstétrique, ministre des Affaires Sociales et de la Microfinance
Véronique Tognifodé, professeur agrégé en Gynécologie Obstétrique, ministre des Affaires Sociales et de la Microfinance
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Mèdessè Véronique Tognifodé, épouse Mewanou, fait partie des figures féminines les plus visibles de l’équipe gouvernementale béninoise. Nommée ministre des Affaires sociales et de la Microfinance en septembre 2019, elle a été reconduite dans ses fonctions en mai 2021, avant de voir son champ de responsabilité s’élargir en avril 2025 avec la prise en charge du portefeuille de l’Enseignement secondaire, technique et de la Formation professionnelle.

Son parcours combine trois dimensions : la médecine, l’enseignement universitaire et l’engagement politique. Cette trajectoire lui a permis de s’imposer dans des secteurs sensibles, notamment la protection sociale, l’inclusion financière, la promotion des droits des femmes, l’éducation des filles et la réforme du système éducatif.

Une médecin formée à l’Université d’Abomey-Calavi

De nationalité béninoise, Véronique Tognifodé est née à Bucarest, en Roumanie. Sa formation initiale s’est déroulée à la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université d’Abomey-Calavi. Elle y obtient son doctorat d’État en médecine en 2004, avant de poursuivre une spécialisation en gynécologie-obstétrique. Son parcours académique se consolide ensuite dans l’enseignement supérieur, avec l’obtention du grade de maître-assistant en gynécologie-obstétrique au CAMES en juillet 2019, puis celui de maître de conférences agrégée en novembre 2022.

Avant son entrée au gouvernement, Véronique Tognifodé exerce comme gynécologue-obstétricienne. Pendant près de dix ans, elle dirige une clinique privée à Cotonou, où elle développe une pratique centrée sur la santé de la femme, la maternité et la prise en charge gynécologique.

En 2016, elle s’oriente progressivement vers l’enseignement et la recherche en rejoignant la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université d’Abomey-Calavi comme enseignante-chercheuse. En avril 2017, elle est sélectionnée par l’ambassade des États-Unis pour participer au programme International Visitor Leadership Program, consacré à la santé publique et aux maladies infectieuses. Cette expérience lui offre une ouverture sur les politiques sanitaires comparées et les enjeux internationaux de santé publique.

Un engagement politique progressif

L’engagement politique de Véronique Tognifodé commence au sein de l’Union fait la Nation. Elle y intervient notamment dans la formation des militantes sur les enjeux de la réforme du système partisan et de la représentation des femmes.

Elle devient ensuite membre fondatrice active de l’Union Progressiste, parti politique lancé le 1er décembre 2018. En avril 2019, elle est candidate titulaire aux élections législatives dans le département du Littoral. Quelques mois plus tard, en juin 2019, elle est nommée coordinatrice du projet « Graines de baobab » au sein de l’Union Progressiste, une initiative consacrée à la sensibilisation de la jeunesse au civisme, au patriotisme et au panafricanisme.

Véronique Tognifodé est nommée ministre des Affaires sociales et de la Microfinance le 5 septembre 2019, dans le gouvernement du président Patrice Talon. Elle est reconduite à ce poste le 25 mai 2021, au début de la deuxième mandature du chef de l’État.

Depuis le 22 avril 2025, elle cumule ce portefeuille avec celui de l’Enseignement secondaire, technique et de la Formation professionnelle. Cette extension de responsabilités intervient après le décès de Kouaro Yves Chabi, qui occupait précédemment ce département ministériel.

La refondation du microcrédit Alafia

À son arrivée au ministère des Affaires sociales et de la Microfinance, Véronique Tognifodé hérite d’un secteur appelé à être profondément réorganisé. L’un des principaux chantiers engagés concerne le microcrédit Alafia, présenté comme un outil d’inclusion financière destiné aux populations vulnérables, en particulier aux femmes.

La réforme conduite sous son autorité repose notamment sur la digitalisation des transactions, la suppression d’intermédiaires, le versement direct des fonds via mobile money et l’allègement des conditions d’accès. Le montant des prêts a été relevé progressivement, passant de 30 000 à 50 000 francs CFA, puis de 50 000 à 100 000 francs CFA. Le taux d’intérêt a également été ramené de 5 % à 4 % sur six mois, tandis que les frais de dossier ont été réduits.

Le microcrédit Alafia est devenu l’un des principaux marqueurs de son action ministérielle. Selon les données disponibles, le dispositif aurait touché 650 000 bénéficiaires au total, dont 84 % de femmes. Après la digitalisation, 600 000 microcrédits auraient été octroyés en trois ans, dont 500 000 à des femmes, dans les 77 communes du pays.

L’enveloppe annuelle moyenne consacrée au programme est passée de 8,1 milliards à 12 milliards de francs CFA. L’objectif affiché pour 2026 est d’atteindre un million de bénéficiaires, tout en corrigeant les disparités persistantes entre communes urbaines et rurales.

Au-delà de la microfinance, Véronique Tognifodé porte également les filets sociaux productifs, qui ciblent les ménages pauvres identifiés par le Registre social du Bénin. Ces transferts monétaires sont accompagnés de formations à l’éducation financière et d’un suivi socio-économique des ménages bénéficiaires.

Son action s’inscrit aussi dans le cadre plus large de la protection des groupes vulnérables. Les personnes handicapées, les personnes âgées, les enfants en situation de risque et les ménages pauvres figurent parmi les publics concernés par les politiques conduites par son ministère.

La lutte contre les violences faites aux femmes

La promotion des droits des femmes constitue un autre axe constant de son parcours. Depuis plusieurs années, Véronique Tognifodé défend l’éducation et la protection sanitaire des jeunes filles comme leviers majeurs du développement durable.

Au ministère, cette orientation se traduit par des actions liées à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, à la protection de l’enfance et à la promotion de l’égalité de genre. Ces priorités rejoignent son parcours médical, marqué par un intérêt particulier pour la santé des femmes et la prévention des vulnérabilités sociales.

Un second portefeuille dans l’éducation

Depuis avril 2025, Véronique Tognifodé est également chargée de l’Enseignement secondaire, technique et de la Formation professionnelle. Ce nouveau portefeuille élargit son champ d’intervention à un secteur stratégique, directement lié à l’avenir des jeunes, à la formation des compétences et à l’employabilité.

Pour 2026, les priorités défendues devant l’Assemblée nationale concernent notamment l’adoption de la Stratégie nationale de l’enseignement secondaire général, le recrutement et la formation d’enseignants, l’achèvement du Lycée technique professionnel de Sodohomè à Bohicon, la réalisation de la carte scolaire de l’enseignement secondaire général et la dotation des centres d’alphabétisation en outils didactiques.

Véronique Tognifodé intervient également dans plusieurs cadres internationaux et continentaux. En février 2022, elle préside la session technique spécialisée de l’Union africaine sur le genre, les femmes et le développement, où elle représente le Bénin.

En novembre 2025, elle conduit aussi une délégation béninoise à l’extérieur du pays dans le cadre de missions liées aux affaires sociales. Cette présence internationale renforce son positionnement sur les questions de genre, de protection sociale et de développement humain.

Des défis encore nombreux

Malgré les avancées revendiquées, les défis restent importants. Le plan stratégique 2022-2026 du ministère des Affaires sociales et de la Microfinance relève notamment des difficultés de gouvernance interne, une faible coordination de certaines interventions, des besoins persistants en ressources humaines, financières et matérielles, ainsi qu’une capacité opérationnelle limitée dans plusieurs services de base.

La pauvreté, l’exclusion sociale, la marginalisation des personnes handicapées, la vulnérabilité des enfants et les violences basées sur le genre demeurent des réalités préoccupantes. Dans la microfinance, la persistance d’initiatives informelles et les difficultés de certains systèmes financiers décentralisés à respecter les exigences réglementaires constituent également des défis majeurs.

À la tête de deux portefeuilles sensibles, Véronique Tognifodé apparaît ainsi comme une ministre au croisement du social, de l’éducation et de l’inclusion économique. Son parcours de médecin et d’universitaire donne une dimension technique à son action, tandis que son engagement politique l’inscrit dans les grandes orientations sociales du gouvernement. Son bilan reste associé à la réforme du microcrédit, à la protection des populations vulnérables et à l’élargissement progressif de son action vers l’éducation et la formation des jeunes.

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