Bénin : 24 mois de prison requis contre un ex-commandant des forces spéciales françaises
Le parquet spécial de la CRIET a requis 24 mois de prison, dont quatre fermes, contre un ancien commandant des forces spéciales françaises poursuivi dans une affaire de faux permis de conduire béninois. Le prévenu, qui nie les faits et se dit simple intermédiaire, comparaît aux côtés de deux autres ressortissants étrangers pour lesquels le ministère public a demandé la relaxe.


Le ministère public près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis lundi 15 juin une peine de 24 mois d’emprisonnement dont quatre fermes et une amende de 2 millions de francs CFA, environ 3 000 euros, contre un ancien commandant des forces spéciales françaises à la retraite, poursuivi pour fausses attestations dans une affaire de faux permis de conduire béninois. Le prévenu, désigné par ses initiales R.F. dans la presse béninoise, nie les faits qui lui sont reprochés et est présumé innocent.
L’ex-officier comparaît sous mandat de dépôt devant la chambre correctionnelle de la CRIET aux côtés de deux autres ressortissants étrangers, un opérateur économique russo-belge et un Français d’une trentaine d’années, poursuivis sans mandat de dépôt. Le parquet a requis la relaxe de ces deux coprévenus. Installé au Bénin depuis plusieurs années pour des raisons professionnelles après sa reconversion dans l’entrepreneuriat, le principal accusé soutient n’avoir joué qu’un rôle d’intermédiaire et désigne une autre personne comme le véritable organisateur du réseau.
Selon l’accusation, il aurait participé à l’établissement de faux permis de conduire béninois au profit d’expatriés européens de son entourage. L’instruction a fait apparaître qu’un montant de 150 000 francs CFA, soit environ 229 euros, aurait été versé pour l’établissement des documents litigieux, dont une partie lui aurait été reversée sous forme de commission. Lors d’une perquisition, les enquêteurs ont saisi du matériel informatique et des fichiers vidéo présentés comme relatifs à la fabrication de faux documents.
L’opérateur économique russo-belge conteste avoir utilisé un faux permis. Le second prévenu français a reconnu avoir utilisé un document falsifié mais affirme avoir ignoré son caractère frauduleux, précisant avoir auparavant fait convertir son permis français en permis ivoirien lors d’un séjour en Côte d’Ivoire.
La défense a plaidé la relaxe pure et simple, estimant que les éléments du dossier ne permettaient pas de retenir la responsabilité pénale de son client. Le procès, dont la première audience remonte au 16 février 2026, a été mis en délibéré au 20 juillet 2026.


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